Dossier technique

L’argent est mis dans les couverts et non dans la mécanique

Éric Jouzel a passé son système en agriculture de conservation au début des années 2000. Ses sols sont aujourd'hui plus productifs.

Profil 3D de sol agricole - Illustration L’argent est mis dans les couverts et non dans la mécanique
Éric Jouzel (à gauche) 
a fait visiter ses parcelles à un groupe d’agriculteurs lors d’une journée technique organisée 
par Eureden.

Éric Jouzel est installé depuis 1999 à Janzé (35). Chez lui, les couverts végétaux occupent une place centrale, et ce depuis de nombreuses années. « Mes parents couvraient déjà le sol en permanence », explique l’agriculteur. « En été, on ne partait pas en vacances tant que les couverts n’étaient pas semés ». En 2003, l’éleveur commence naturellement à s’intéresser à l’agriculture de conservation des sols. La technique le séduit notamment par le gain de temps lié à l’arrêt du labour, ainsi que le retour à l’agronomie, à la technique et aux expérimentations. « Au début, je faisais des grandes bandes avec différentes variétés pour trouver le couvert idéal, car ce qu’il y avait dans les sacs ne me plaisait pas. »

On ne partait pas en vacances tant que les couverts n’étaient pas semés

20 q/ha supplémentaires

Après 20 ans d’agriculture de conservation des sols, les parcelles d’Éric Jouzel sont plus productives grâce à une structure améliorée, une réserve utile accrue et une vie du sol dynamique. Un profil de sol réa- lisé au télescopique a montré une couche arable de près de 50 cm, exploitée de haut en bas par les racines et les vers de terre. « Les moins bonnes parcelles d’il y a 15 ans sont aujourd’hui les meilleures », déclare l’agriculteur. « Dans certaines d’entre elles, le rendement est passé de 80 à 100 q/ha ».

Visite de parcelles par un groupe d’agriculteurs lors d’une journée technique
Éric Jouzel (à gauche) 
a fait visiter ses parcelles à un groupe d’agriculteurs lors d’une journée technique organisée par Eaux et Vilaine.

Fissurer avant de semer

En fonction des besoins, Éric Jouzel n’hésite pas à sortir le fissurateur avant de semer ses couverts. « Quoique l’on fasse, les limons finissent toujours par se tasser naturellement », explique le Bretillien. « La règle d’or, c’est de toujours intervenir dans une terre réessuyée et d’avancer à faible vitesse ». Le passage de fissurateur permet de recréer de la porosité en profondeur sans retourner les horizons. « Quand c’est bien fait, on voit à peine le passage de la dent dans le sol », souligne l’agriculteur. Après la moisson, le couvert est semé le plus rapidement possible avec un « objectif avant le 1er août ». Il est généralement composé de phacélie, de fenugrec, de vesce, de chia, de tournesol, de trèfle et de féverole. « Je préfère nettement mieux mettre mon argent dans le couvert que dans la mécanique », complète l’éleveur. « Je suis un anti-puissance ».

Alexis Jamet

Des couverts communs

Depuis 2012, les adhérents de la Cuma d’Amanlis, dont Éric Jouzel est président, préparent leurs semences de couverts en commun. « Nous achetons les semences ensemble, nous mélangeons, nous préparons les big bags et nous semons », indique le Bretillien. « Cela évite notamment les pertes de temps liées aux vidanges et aux réglages du semoir ». Un mélange standard de phacélie, fenugrec, vesce et chia a été défini et d’autres espèces peuvent être ajoutées en fonction du système et du besoin de l’adhérent. « L’agriculture de conservation, c’est aussi l’adaptation », conclut Éric Jouzel.


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