La foi en l’avenir de l’agriculture bretonne

Quelque 300 personnes ont assisté la semaine passée à l’assemblée générale de la Caisse de Bretagne de Crédit Mutuel Agricole. Pour cette édition 2024 de son grand rendez-vous annuel, la branche agricole du CMB avait choisi le thème de la souveraineté.

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Administrateurs et spécialistes agricoles du CMB, membres des sections territoriales de la Caisse de Bretagne de Crédit Mutuel Agricole, représentants d’organismes agricoles... Quelque 300 personnes ont pris part à l’assemblée générale de la CBCMA, la semaine dernière, à Saint-Brieuc.

Des visages souriants, un message de bienvenue en breton, une souveraineté alimentaire au cœur des enjeux… Le visuel affiché sur l’écran vidéo géant de la façade du Palais des congrès de Saint-Brieuc est à l’image de la Caisse de Bretagne de Crédit Mutuel Agricole. Une entité attachée à ses racines, ancrée dans la réalité de l’agriculture bretonne et bien décidée à l’accompagner pour relever les défis du futur. Le tout dans un savant mélange de professionnalisme et de convivialité qui constitue depuis près d’un siècle la marque de fabrique de cette branche spécialisée du Crédit Mutuel de Bretagne.

Interviewé par le journaliste Lionel Buannic, Dominique Trubert dresse un bilan positif de l’agriculture régionale. « Les fondamentaux du secteur sont solides, fiables et rassurants, souligne le président de la Caisse de Bretagne de Crédit Mutuel Agricole (CBCMA). 2023 a été une bonne année pour l’agriculture bretonne. Nous avons besoin de prix qui soient à la hauteur des coûts de production et qui permettent de rémunérer les agricultrices et les agriculteurs. Cela a été globalement le cas l’an passé ».

Nous avons injecté l’an passé plus de 562 millions d’euros dans l’agriculture bretonne

Un savoir-faire reconnu

Sur le plan bancaire, les résultats ont également été au rendez-vous. Avec même des records de production. « Quand on dit que les banquiers ne financent plus, c’est faux, martèle Dominique Trubert. Nous avons injecté l’an passé plus de 562 millions d’euros dans l’agriculture bretonne, soit une progression de 8 % de nos prêts à moyen et long terme. Nous sommes fiers de participer ainsi à l’économie régionale ». Autre record : celui de l’encours global des prêts agricoles porté par la Fédération qui, pour la première fois, passe le cap des 2 milliards d’euros.

La conquête n’est pas en reste, puisque « le portefeuille a progressé de 1,2 % et représente plus de 10 000 Eurocomptes aujourd’hui. Cela signifie en clair qu’un agriculteur sur 2 a un compte au CMB ». Sur le volet installation aidée des jeunes agriculteurs, la part de marché s’établit désormais à 40,3 %. Une vraie satisfaction pour le président de la CBCMA qui rappelle que « lorsque l’on finance une installation, c’est non seulement un projet professionnel que l’on accompagne mais aussi un projet de vie ! » Et chaque année, sur ce marché très concurrencé, les jeunes agriculteurs sont de plus en plus nombreux à choisir le Crédit Mutuel de Bretagne pour accompagner leurs premiers pas. Assurément la plus belle reconnaissance du savoir-faire et de l’implication des équipes aux yeux du Président de la CBCMA.

Une agriculture viable, vivable et durable

« L’agriculture, c’est le passé de la Bretagne. C’est aussi son présent. Et ce sera son avenir. C’est pourquoi il nous faut en prendre soin ! » Philippe Rouxel martèle avec force sa conviction. Et argumente son propos. « Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’agriculture bretonne a connu un formidable essor avec l’arrivée de la mécanisation et des innovations, l’introduction de nouvelles races ». La productivité a considérablement augmenté. Et la surface agricole utile moyenne des exploitations est passée d’une douzaine d’hectares en 1970 à plus de 60 hectares en 2020. Dans le même temps, le nombre d’exploitations a diminué de plus de 80 %, chutant de 150 000 à 25 000. Une évolution qui s’est accompagnée au plan national d’une régionalisation de la production. « La Bretagne représente aujourd’hui, à elle seule, 56 % de la production nationale de porcs, un tiers de la production d’œufs, un tiers de celle de poulets et un quart de la production de lait ». Si on y ajoute l’agroalimentaire, qui génère 20 % du PIB breton, on mesure l’empreinte économique marquante de ce secteur.

S’intéressant aux évolutions de tendances et débusquant au passage quelques idées reçues, le directeur général du CMB et directeur de la CBCMA rappelle que la consommation de viande continue à progresser à l’échelle mondiale. « De 71 millions de tonnes en 1961, nous sommes passés à 339 millions de tonnes en 2021. Et la FAO prévoit que la consommation va encore progresser de 15 % d’ici à 2031 ».

Résolument optimiste

Reste que dans une France où l’acte d’achat est principalement guidé par des considérations de prix, un poulet consommé sur deux est désormais importé. En provenance du Brésil, de Thaïlande, du Chili ou d’Ukraine. « Autant de pays dont les conditions de production n’ont pas grand-chose à voir avec la France en termes environnemental et social… »

Pour Philippe Rouxel, il convient de se poser clairement la question de ce que l’on accepte de produire ici. Et de ce que l’on veut faire de notre agriculture. Pour sa part, le CMB propose une vision claire : celle d’une agriculture viable économiquement, vivable humainement et durable sur le plan environnemental. « Cette vision me paraît essentielle si l’on veut que l’agriculture bretonne reste attractive et que l’on puisse assurer le renouvellement des générations ». Prônant une approche inclusive, le dirigeant mutualiste invite à ne pas opposer les différentes formes d’agriculture entre elles. « Tout le monde a sa place. Notre rôle, qui est de favoriser les transitions, s’inscrit dans la durée ». Résolument optimiste, « L’agriculture bretonne a toujours su se transformer et faire bouger les lignes », il affiche sa foi en l’avenir. « Nous devons rester un territoire de production agricole. Une terre d’élevage qui respecte ses ressources naturelles grâce à un bon équilibre animal-végétal. Une terre qui contribue à nourrir sainement la population française. Une terre qui nourrit aussi ses acteurs, les agricultrices et les agriculteurs bretons ».

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« L’agriculture, c’est le passé de la Bretagne. C’est aussi son présent. Et ce sera son avenir. C’est pourquoi il nous faut en prendre soin ! », insiste Philippe Rouxel, directeur général du Crédit Mutuel de Bretagne.
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Pour Dominique Trubert, président de la Caisse de Bretagne de Crédit Mutuel Agricole, « les fondamentaux de l’agriculture bretonne sont solides, fiables et rassurants ».

Un département qui a la cote

Hôte de cette édition 2024 de l’assemblée générale de la Caisse de Bretagne de Crédit Mutuel Agricole, le département des Côtes-d’Armor est mis à l’honneur. Sur scène, Véronique Letort, productrice de porcs à Eréac et présidente de la section territoriale de la CBCMA, brosse à grands traits le tableau de l’agriculture costarmoricaine. « Avec 7 316 exploitations pour 10 140 exploitants, nous sommes le troisième département français en nombre de bovins lait, le deuxième en production de veaux de boucherie, le premier en production d’œufs, le quatrième en production de volailles de chair et le deuxième en production porcine… » Une terre d’élevage donc mais qui possède aussi une belle région légumière en bordure de ses côtes. Pour accompagner les agriculteurs costarmoricains au quotidien, le CMB s’appuie sur « une trentaine de responsables de clientèle agricole », précise Karine Pan-Puillandre, directrice départementale du CMB. Sans oublier « les 12 agriculteurs membres du comité de section de la CBCMA et les 73 référents agricoles répartis au sein des caisses locales des Côtes-d’Armor ». Une équipe soudée d’administrateurs et de salariés mobilisés pour assurer le développement de l’agriculture, le renouvellement des générations et accompagner les exploitations dans leurs transitions.

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Julien Carmona, président du Crédit Mutuel de Bretagne et du Crédit Mutuel Arkéa, a affiché son « soutien total à l’agriculture bretonne qui est une part de notre identité ».

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