Ils façonnent des chevaux de concours

 - Illustration Ils façonnent des chevaux de concours
Éva Tournaire et Nicolas Rabillard sont titulaires du diplôme d’entraîneur.
À Bignan, Éva Tournaire et Nicolas Rabillard, cavaliers de saut d’obstacles, élèvent des chevaux et les préparent à une carrière d’athlètes de haut niveau.

Kelstar des Vénètes est la première pouliche à avoir vu le jour sur les hauteurs de Bignan. C’était il y a quatre ans. « L’objectif est d’avoir 5 poulains en moyenne chaque année », indique Éva Tournaire, qui a créé son écurie en 2019, après une dizaine d’années de compétition comme cavalière, couronnée de quelques titres prestigieux (Championne de Bretagne 2016). La partie élevage, qui ne compte que quelques juments, n’est qu’une partie de l’activité du haras. « Nous achetons aussi des jeunes chevaux, que nous préparons. L’objectif est de les revendre vers 5 ans, avant qu’ils commencent leur carrière en compétition ». Le haras développe également une activité de pension qui consiste à dresser des jeunes animaux placés par leurs propriétaires. « Nous prélevons un pourcentage sur le montant de la vente ». Au total, une quarantaine de chevaux sont présents en permanence sur le site. Éva dirige le haras et gère le commerce et la valorisation des chevaux. Son compagnon, Nicolas, responsable de l’exploitation du site et des infrastructures, débourre et éduque les futurs athlètes. Un apprenti (ou stagiaire), assure la sortie quotidienne des animaux aux paddocks ou au tapis de travail et les soins divers.

Une belle réussite au concours de Royan

Les dix hectares du haras des Vénètes sont divisés en une quinzaine de paddocks. Les juments et les jeunes de moins de trois ans sont dehors toute l’année, abrités dans les bois alentour. Les autres chevaux sont logés dans 29 box, aménagés dans un hangar qui abrite également une carrière. Ils sont nourris au foin et à l’aliment concentré achetés chez des voisins agriculteurs et dans le commerce. « L’objectif est d’acquérir un peu plus de foncier pour augmenter la part d’herbe et abaisser le coût alimentaire », poursuit Éva. Un cheval en box coûte 350 € par mois, en moyenne. Mieux vaut en vendre de temps en temps pour rentabiliser l’affaire. « Nous les sortons en compétition, généralement vers 4 ans pour des ventes un à deux ans plus tard ». Au dernier concours international de Royan, deux chevaux de 6 ans, un étalon et un hongre, se sont distingués. Ils ont été vendus dans la foulée, à un prix dix fois supérieur à l’achat, pour le premier. « Nous les avions choisis sur leur généalogie mais aussi sur leur type. Ils étaient bien préparés ».

Des ventes à l’étranger

Le haras est jeune mais déjà reconnu dans le milieu du saut d’obstacles. « Nous avons vendu aux États-Unis, via des courtiers, en Espagne et au Maroc, à des professionnels. Aujourd’hui, ce sont les acheteurs qui viennent sur le site ou qui demandent des vidéos ». Certains chevaux sont également achetés par des amateurs. Le marché est porteur actuellement ; l’offre est largement supérieure à la demande pour les chevaux de concours et de loisir. « L’objectif est de faire naître les poulains et d’en acheter le moins possible ». Les juments de l’élevage sont inséminées ; « nous avons des contrats avec des organismes privés pour l’achat de semence. Nous amenons ces juments dans des haras du département qui ont un laboratoire agréé pour les inséminations et qui reçoivent les paillettes commandées ». De quoi assurer la prochaine génération. 

Main-d’œuvre occasionnelle

Les deux éleveurs effectuent, en moyenne, 8 heures par jour, six jours sur sept. « Le dimanche, nous ne sortons pas les chevaux de leurs boxes. Les propriétaires qui le souhaitent peuvent le faire ». Ils bénéficient d’une main-d’œuvre occasionnelle (famille) et de l’aide d’un apprenti (ou d’un stagiaire) qui loge sur place, dans un appartement aménagé sous le hangar. « Indispensable si on veut accueillir des jeunes apprenants ». Ils prennent peu de vacances, « deux-trois jours de temps en temps, quand l’apprenti peut facilement nous remplacer ». Les compétitions ont lieu sur semaine et parfois les week-ends, « Il faut y être pour se faire connaître ».

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