La Bretonne pie noir valorisée par des élèves de la MFR de Fougères

 - Illustration La Bretonne pie noir valorisée par des élèves de la MFR de Fougères
Émilien Mondher (à gauche) et Philippe Marchand, en compagnie des trois élèves de BTS organisant la porte ouverte.
Trois élèves en BTS à la MFR de Fougères ont choisi d’organiser une porte ouverte sur la ferme fromagère Le Gros Chêne de Betton (35) où sont élevées des Bretonnes pie noir. Un évènement qui va valoriser la race auprès d’élèves en école d’agriculture.

En 2e année de BTS PA (Productions animales) à la MFR de Fougères, Léa Morlier, Élise Brenterch et Kelly Buffet ont choisi de mettre à l’honneur une race locale de Bretagne à l’occasion de leur Pic (Projet d’initiative et de communication). Elles organisent en janvier une porte ouverte sur la transformation laitière en Bretonne pie noir sur la ferme fromagère Le Gros Chêne, à l’intention d’une classe d’élèves en école d’agriculture.
« Le matin, nous aurons deux heures en salle de présentation des races de Bretagne et plus particulièrement de la vache Bretonne pie noir. Cette rencontre se fera en présence de Maxime Bergonso, coordinateur de la Fédération des races de Bretagne », présentent les étudiantes. Ensuite, « les élèves pourront visiter la ferme Le Gros Chêne, découvrir le troupeau et déguster des produits confectionnés dans la fromagerie. »

Des bovins revenus sur la ferme

Les deux associés se sont installés à Betton en octobre 2019 sur une SAU de 34 ha avec de l’herbe et un peu de céréales et sont en agriculture biologique. Alors que les bâtiments étaient vides, ils ont fait revenir des animaux sur la ferme. Prônant l’ouverture, ils accueillent souvent des scolaires, leurs clients peuvent voir les animaux… Ils emploient un salarié 3 jours/semaine et ont également un apprenti. Auparavant, Philippe Marchand a travaillé pendant 16 ans dans l’export de bovins. Issu d’une famille d’agriculteurs, il a souhaité « revenir à la terre ». Fils d’agriculteurs de Normandie, Émilien Mondher a quant à lui travaillé comme conseiller transmission après des études agricoles. Avant de s’installer, il a suivi une formation de fromager.

Une race rustique au lait riche

« Nous avons fait le choix de la Bretonne pie noir pour notre système zéro intrant : une race mixte locale et rustique. Les vaches vêlent seules, n’ont pas de problèmes de boiteries. Elles produisent un lait particulièrement riche en matières grasses et matières protéiques, idéal pour la transformation fromagère », soulignent les éleveurs. La Bretonne pie noir bénéficie d’un plan de sauvegarde depuis plus de 40 ans. Alors qu’on ne recensait plus que 300 vaches au milieu des années 70, 3 000 vaches sont aujourd’hui détenues par une centaine d’éleveurs.
Pour lancer leur activité, Philippe Marchand et Émilien Mondher ont acheté 40 génisses. « Nous avons conservé les plus laitières ». Aujourd’hui le cheptel est constitué de
30 vaches laitières – produisant 2 800 L/an avec un TP de 34 et un TB de 44 g/kg en moyenne – 30 génisses et
20 bœufs. Une dizaine de porcs blancs de l’Ouest, race à très faible effectif, valorisent le petit-lait issu de la transformation fromagère.

Le Gwell s’oriente vers une AOP

100 % du lait est transformé sur la ferme. Émilien Mondher et Philippe Marchand produisent de la tomme, des yaourts, du fromage blanc, du riz au lait ou encore du Gwell, appelé aussi « gros-lait », un lait fermenté traditionnel de Bretagne au goût acidulé, fabriqué à partir du lait entier et d’un levain fermier. Il est produit par repiquage, c’est-à-dire qu’on l’obtient en ensemençant du lait avec du Gwell de la production précédente, qui sert alors de ferment. Pour valoriser ce produit traditionnel, la ferme du Gros Chêne, associée à d’autres producteurs, travaille sur la mise en place d’une AOP (Appellation d’origine protégée) qui pourrait voir le jour dans quelques années. Ce serait la première AOP laitière de Bretagne historique. Dans une démarche « zéro plastique et zéro déchet », les producteurs commercialisent leurs produits dans des contenants en verre qui sont ramenés par les clients ensuite. Ils proposent également de la viande bovine ou de porc issue des animaux de la ferme ainsi que du jus de pomme et complètent leur offre par du miel et des confitures d’autres producteurs locaux dans leur magasin à la ferme (ouvert tous les vendredis et mercredis de 15 à 19 h). La crise sanitaire et le confinement ont permis aux éleveurs de se faire connaître. Aujourd’hui, 80 clients passent régulièrement sur la ferme. Leurs produits sont aussi commercialisés via des Amap, dans des magasins bio, des fromageries et des restaurants.


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