Economie, marchés et gestion

Baisse du pouvoir d’achat : Une crise générale en bio

Alors que l’année 2020 a été favorable au marché de la bio, des difficultés apparaissent en 2021. Initiative bio Bretagne alerte et propose des réponses.

Les inquiétudes ne concernent pas seulement le lait biologique mais l’ensemble des filières dans ce mode de production, comme le montre la veille économique réalisée par IBB (Initiative bio Bretagne), réseau rassemblant différents maillons de la filière : production, transformation, distribution, consommation, recherche…
« La filière œufs bio connaît une forte tension, inédite, avec un risque fort de chute des prix aux producteurs », souligne Jean-Louis Chevé, président d’Initiative bio Bretagne. De janvier à fin juillet, les ventes d’œufs bio reculent de 7,5 % par rapport à la même période en 2020. Pour cette filière œufs, « la problématique est davantage structurelle que liée à la conjoncture économique », souligne le rapport d’IBB.
Dans le cas des légumes et fruits bio, les professionnels observent « une pression sur les prix de la part des distributeurs, notamment les GMS qui s’approvisionnent en Espagne plutôt que localement. » Comme en lait, plusieurs groupements de producteurs freinent sur les conversions pour maintenir l’équilibre de marché.
« Au cours du premier semestre 2021, les ventes de viande hachée bio à poids fixe en GMS ont reculé de 9 % en volume et de 6 % en valeur par rapport à la même période en 2020. La charcuterie bio en libre-service perd 14 % en valeur sur la même période. »

Des coûts en hausse en 2022 avec la nouvelle réglementation

« La tendance de fond expliquant ces baisses est le pouvoir d’achat des consommateurs qui est très impacté », souligne Denis Paturel, vice-président d’IBB. La nouvelle réglementation applicable au 1er janvier 2022 va impacter les coûts de revient, en particulier en porcs et volailles. « Le consommateur sera-t-il prêt à payer cette hausse ? » C’est la question que se pose l’organisation bio. Le citoyen demande plus de qualité, d’environnement, de bien-être animal… « mais dans l’acte d’achat, il devient plus compliqué de rester militant. »
Plusieurs pistes sont évoquées par IBB face à cette crise : les instances publiques doivent davantage s’emparer des impacts positifs de la bio ; des facilités pourraient être accordées comme un allègement de TVA ; les coûts de production bio doivent être intégrés dans les négociations commerciales dans le cadre de la loi Égalim 2 ; davantage de planification empêcherait la surproduction.

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