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Des rouges bien indexées et sans cornes

Sélectionneur depuis plus de trente ans, René Nicolas, du Sourn, a façonné le meilleur troupeau Pie Rouge en Isu. Les trois quarts des animaux naissent sans cornes.

« Je n’utilise pas la totalité du potentiel génétique des animaux », indique René Nicolas, à la tête d’un élevage de 45 laitières près de Pontivy. Le système de production herbager s’est imposé en raison de la présence de 80 hectares de terres portantes, groupées autour de l’étable. Les vaches sortent dès février et même si le silo de maïs n’est jamais fermé, elles pâturent quasiment toute l’année.
L’élevage est classé deuxième de la race en index lait, 6e en index TB et 5e en index TP mais se situe au-delà de la vingtième place pour la quantité produite (8 034 litres/vache) et pour le taux de matière grasse (43,4). Le taux protéique produit, à 34,6, le place à la douzième place. Morphologie et mamelles sont également bien indexées, dans le trio de tête des élevages de la race, ce qui confère au troupeau le meilleur Isu, avec 143 points en moyenne.

Sans cornes

L’éleveur a utilisé les nouveaux outils de sélection dès leur apparition : génotypage, semence sexée, et a recherché le gène sans cornes depuis la sortie des premiers taureaux bien indexés. Adepte de la Rouge depuis son installation, il ne s’interdit pas d’utiliser des taureaux noirs porteurs du facteur rouge, « surtout s’ils sont porteurs du gène sans cornes ». Pour varier les origines, il utilise quelques doses des meilleurs taureaux noirs (cornus). « J’insémine quelques vaches rouges homozygotes (sans cornes) avec des cadors noirs (semence sexée). Les veaux femelles naissent noires mais sans cornes. Sur ces génisses noires, je remets un taureau rouge porteur du gène sans cornes ». C’est ainsi que le troupeau compte, par exemple, des petites filles de Louxor, rouges et sans cornes. Si le hasard ne produit pas toujours le résultat escompté, l’éleveur y trouve une motivation : « Je considère la sélection comme un loisir  ».

Vente au Space

Si la génétique est un plaisir, elle n’occulte jamais l’aspect économique. Les transplantations embryonnaires se font dans le cadre du schéma de sélection défini dans la race (une collecte en station chaque année, en moyenne).
Deux vaches ont marqué le troupeau par leur descendance : Dalida (+100 000 litres dans sa carrière) et Étincelle (mère du taureau Judicieux). Olive, descendante d’Étincelle, a deux fils en station. L’une de ses filles, par Crown, a été en vente Élite au Space. L’éleveur vend ainsi une à deux génisses de haute valeur génétique chaque année et des vaches en lait. Une vache adulte a participé au concours Pie rouge à Rennes. « J’espère que nous serons capables d’organiser un concours de vaches sans cornes dans un avenir proche ; ce serait une belle action de communication pour la race  », assure le passionné qui a sans doute un coup d’avance dans ce domaine.

Lactations allongées
L’assolement compte 25 hectares de maïs, 25 hectares de céréales et une douzaine d’hectares de pois derrières lesquels il implante une dérobée (colza fourrager) pour gagner en autonomie. L’éleveur a installé un robot de traite, il y a dix ans « par choix de vie » et s’en dit satisfait. Il n’hésite plus à allonger les lactations des vaches les plus âgées à 400-420 jours. Elles sont logées sur aire paillée.

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