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Attirer ou repousser les insectes par les plantes

Le « paysage chimique » composé par les odeurs de plante est capable d’attirer ou de faire fuir les insectes ravageurs. Sébastien Picault pilote des essais pour mieux comprendre le comportement des mouches, des pucerons ou des thrips.

Le projet Repulse mené au centre de recherche du CTIFL de Carquefou (44) cherche à caractériser le rôle des odeurs de plantes, qu’elles soient répulsives ou dissuasives des ravageurs, ou capables de masquer l’odeur de la plante cultivée. Sébastien Picault, en charge de ces essais, explique que l’étude porte « sur les thrips du poireau et de la fraise, les pucerons de la fraise et de la courgette. Sont aussi concernées les mouches du chou, les mouches de la carotte et du poireau ».

5 comportements observés

Le projet observe le comportement des insectes en présence de végétaux, représenté par 5 types de réaction. Dans un olfactomètre, 2 issues sont proposées à l’espèce de ravageur étudiée. « L’insecte peut soit être attiré par la plante, soit se diriger vers le chemin ou l’odeur est absente. On parlera alors de plante dissuasive. La répulsion est le 3e type de comportement quand l’insecte fait demi-tour, mais c’est une réaction assez rare car le il réagit plutôt en évitant la plante ». Les deux dernières attitudes se manifestent par de l’inhibition avec une bête paralysée ou enfin une désorientation.

Cette étude « n’est pas simple, l’olfactomètre doit être composé de téflon, il ne doit pas y avoir de bouchon en caoutchouc… Les plantes utilisées doivent être le plus entières possible, car les composés organiques volatils (COV) sont différents si la plante est découpée ». Le stade physiologique des végétaux joue aussi un rôle, une espèce en pleine floraison pourra dans certains cas devenir très répulsive. C’est le cas de la coriandre, beaucoup plus dissuasive quand les fleurs apparaissent.

Ne pas tomber dans le piège

Le rôle intéressant des plantes pièges est à penser dans sa globalité, car son effet peut être inverse. « Les plantes pièges doivent être attractives, mais on doit pouvoir se débarrasser ensuite facilement du ravageur, sinon ces plantes ne sont plus des puits, mais des sources d’insectes ».
Le fenouil ou le basilic associés à une culture de poireau sont en cours de test « mais ce test n’est pas à reproduire. Les COV ne sont pas forcément émis, le paysage chimique change ». Des capteurs spécifiques recueillent ces COV afin de caractériser l’ambiance olfactive dans les parcelles. Cette étude poussée ouvre de nouvelles perspectives, « on y arrivera seulement en comprenant tous les mécanismes biologiques qui se déroulent », conclut le directeur de recherche.

Des plantes banque
Sous abri, « l’ortie et la tanaisie sont utilisées comme plantes banque : elles hébergent des pucerons non préjudiciables pour la culture en place, afin d’attirer rapidement le prédateur, comme des coccinelles, qui va pondre dans ce milieu riche en nourriture », prévoit Sébastien Picault. Les soucis, les corbeilles d’or ou la sauge officinale sont utilisés dans ce sens.
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