Élevage

Dans le laboratoire de la traite

Jean-Louis Poulet, responsable de projet R & D traite Idele, nous fait visiter le laboratoire de la traite et nous parle de sa fameuse mamelle artificielle.

Sur le site de la ferme expérimentale de Derval (44), propriété de la Chambre régionale des Pays de la Loire, se cache le laboratoire national « Traite et Compteurs à Lait » d’Idele (Institut de l’Élevage). Derrière ses portes, une pièce entière équipée de divers équipements trahit sa vocation. Ce lieu unique a plusieurs missions. Il sert ainsi à la formation des agents et installateurs de certaines concessions et surtout des Techniciens aptes à la vérification (TAV) des compteurs à lait et au contrôle des installations de traite.

« Nous organisons aussi des sessions sur le contrôle de la machine à traire pour les salariés des marques de matériel. L’intérêt est qu’ici nous pouvons leur monter facilement comment fonctionnent en détail un faisceau trayeur, un régulateur, un pulsateur… », explique Jean-Louis Poulet, responsable de Projet « R & D Traite » à Idele, qui intervient régulièrement dans les murs, autant pour mener des essais que pour transmettre des savoirs et savoir-faire. Ensuite, le local abrite le banc national de vérification des appareils de mesure (pulsographe, manomètre, débitmètre…) utilisés pour le contrôle des machines à traire dans les élevages.
En France, il existe 6 bancs de ce type, dont un à Caulnes (22). « C’est là que les agents apprennent le métier et font régulièrement vérifier leurs outils. »

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Ces trayons artificiels souples sont fabriqués dans des moules réalisés par impression 3D.

La recherche sur la traite et ses particularités françaises

Enfin, concernant la partie recherche et développement, ce laboratoire a la particularité d’être « l’un des derniers et des seuls » à être agréé Icar. « Cela signifie que nous sommes un organisme de contrôle capable par exemple de certifier qu’un nouveau compteur à lait arrivant sur le marché travaille en bonne et due forme. C’est-à-dire qu’il présente la précision réglementaire exigée d’un tel matériel.  » Cette compétence rare de Derval permet ainsi également de mener des essais dont les résultats sont « agréés et plus facilement reconnus et partagés » par la communauté scientifique, les fabricants et les éleveurs. « C’est un gage de qualité. »
Emblématique du lieu, une mamelle artificielle. Un outil de recherche incontournable surnommé « Marguerite » par les chercheurs. À l’international, on n’en compte peut-être qu’une dizaine seulement. Jean-Louis Poulet explique : « Une mamelle artificielle, c’est deux choses : un débit et un trayon artificiel. Pour être plus précis, c’est la possibilité de contrôler le débit d’un fluide proche du lait en termes d’écoulement à travers des éléments de la forme d’un trayon. »

Des trayons artificiels souples plus proches des tissus animaux

À Derval, les chercheurs utilisent du lait ou de l’eau. Pilotée électroniquement, Marguerite peut délivrer avec précision un débit de 0 à 16 L / min. Traditionnellement, les trayons artificiels normés sont en plastique dur. « Mais je travaille de plus en plus avec des trayons alternatifs souples, en silicone ou en latex, avec des citernes internes, dont la réactivité est plus proche des tissus des animaux. Ainsi, on peut espérer se rapprocher davantage du rapport réel manchon/ trayon. »

La mamelle artificielle est ainsi utilisée pour tester le fonctionnement des faisceaux trayeurs, des compteurs à lait, des pulsateurs… « Nous nous assurons qu’ils répondent à la norme, que nous mesurons bien les caractéristiques avancées par un fabricant lançant un nouveau produit, que les méthodologies de contrôle s’appliquent ou s’il faut en développer une nouvelle », explique le spécialiste. « En essayant d’être neutres et objectifs, nous donnons un avis Idele ou Cofit* sur une innovation. »

*Comité français interprofessionnel pour les techniques de production du lait, animé techniquement par Idele

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