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Dégâts aux cultures : Déclarer, c’est lutter

La Chambre d’agriculture et les fédérations de chasse enregistrent les dégâts de la faune sauvage. Une façon de recenser les attaques, notamment de corvidés pour les faire remonter aux services de l’État.

La déclaration des dégâts sur les cultures est « un enjeu majeur pour alerter les services de l’État notamment sur les conséquences des choucas des tours, et pour obtenir des dérogations d’intervention », insiste Vincent Le Talour, chargé d’études environnementales pour la Chambre d’agriculture. La déclaration s’est simplifiée depuis quelque temps ; elle se réalise en ligne facilement, même à partir d’un Smartphone.

Un très lourd bilan économique

Pour la campagne passée et sur la région Bretagne, 1 500 déclarations ont été formulées uniquement sur l’espèce choucas. Ce ne sont pas moins de « 3 000 ha qui ont été détruits, pour un montant de plus de 3 millions d’euros ». Les ravages sont constatés principalement sur cultures de maïs, mais concernent aussi des cultures légumières. Vincent Le Talour remarque « une accentuation de l’impact psychologique, alimenté par une certaine impuissance de la part des agriculteurs. À cela peuvent s’ajouter des tensions avec le voisinage avec l’utilisation de canon à gaz ».

L’invasion s’étend

Le corvidé étend son impact. Après le Finistère, la problématique envahit les Côtes d’Armor et le Morbihan, « et commence en Ille-et-Vilaine ».

Réduire la part des non-déclarations

Avec le passage des déclarations en ligne, les équipes de la Chambre d’agriculture espèrent « réduire la part de ceux qui ne déclarent pas ». Difficile de chiffrer ces nuisances non transmises. L’outil numérique renseigne toutefois mieux que les anciennes versions papier, remplies parfois de façon incomplète. Dans le formulaire en ligne, certains champs doivent obligatoirement être saisis, afin d’obtenir « un chiffrage le plus exhaustif possible ». Concernant le montant des dégradations subies, il est laissé libre. « En moyenne, les agriculteurs estiment les pertes financières à 1 000 €/ ha ». Dans certains cas, ce calcul qui ne conduit pas à une indemnisation peut être augmenté, si le temps de surveillance est inclus, ou encore si on estime un impact sur le rendement final à cause d’un semis plus tardif.

Vincent Le Tallour conseille de déclarer toutes les surfaces, même si les dégâts sont minimes. Pour les pertes dues au passage de gros gibiers, il convient d’entrer en contact rapidement avec « les fédérations de chasse, qui peuvent potentiellement indemniser ». Les déclarations de l’an passé, concernant largement les choucas, sont complétées par des attaques de renards, de blaireaux, de lapins ou de pigeons. Ces derniers occasionnent des pertes importantes en s’attaquant à des cultures à « haute valeur ajoutée, comme les petits pois ».
Si le responsable admet « qu’il n’y a pas de solution en cas de fortes attaques de corvidés », le fait de bien rappuyer la ligne de semis « facilite l’ancrage des plants. À l’inverse, un sol travaillé trop finement donnera un plant qui pourra être arraché plus tard ». Certaines observations montrent un effet de la date de semis, avec moins de pieds de maïs détruits lors d’une implantation précoce. Cela peut s’expliquer par un sol mieux rappuyé après d’éventuelles pluies, ou coïncider avec une période où les éclosions des œufs de choucas n’ont pas eu lieu.

Des études sont en cours
Face à la prolifération d’espèces comme le choucas de tours, une étude conjointe de la Dreal et de l’Université de Rennes est en cours afin de mieux comprendre la biologie de l’espèce tout au long de l’année. Ces travaux visent à trouver des leviers pour freiner les dégâts. Parallèlement, la DDTM du Morbihan teste la mise en place de grillages dans les cheminées pour limiter les lieux de reproduction de l’espèce. « Nous espérons que les choucas ne vont pas s’adapter à ces contraintes, et n’aillent nidifier ailleurs… », observe Vincent Le Talour.

Comment déclarer ?

Pour accéder au formulaire de déclaration des dégâts, rendez-vous sur le site de la Chambre d’agriculture de Bretagne à www.bretagne.synagri.com, dans l’onglet « Environnement », choisir « Dégâts gibiers – nuisibles ».

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