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Choucas des tours : Des producteurs excédés par les dégâts

Les dégâts occasionnés par les choucas des tours explosent sur cultures de maïs, certains producteurs sont contraints de ressemer leurs cultures.

« Une bonne vingtaine d’hectares ont dû être ressemés sur le secteur de Plouigneau (29) », chiffre François Briant, agriculteur excédé par ses cultures en grandes parties détruites. Ce producteur de lait a semé 3 fois une même parcelle, tant les pieds manquaient après chaque levée.

Une réglementation départementale

Sur le département du Finistère, un changement dans le mode de prélèvement s’est opéré l’année dernière : 7 secteurs prioritaires ont été répertoriés par arrêté préfectoral, dans lesquels des tireurs désignés interviennent. « Auparavant, chaque lieutenant de louveterie pouvait prélever 100 choucas. Désormais, 2 tireurs sont désignés dans ces communes jugées prioritaires, chaque tireur peut prélever 20 choucas à l’année, quelle que soit la superficie de la commune… », fait observer René Gourves, président de la société de chasse de Pleyben (29).

Les prélèvements sont donc passés par commune de 100… à 40 en un an. Le chasseur explique que les demandes s’intensifient, sauf que les quotas annuels sont déjà atteints. « Il faudrait au moins 3 ou 4 tireurs, avec des quotas de 40 choucas chacun », chiffre-t-il. Les responsables de la Chambre d’agriculture tirent la sonnette d’alarme. « Nous recevons de nombreux appels », constate Sophie Jézéquel, élue et agricultrice à Lennon (29). Si le problème est commun en région Bretagne, la réglementation diffère selon les départements : une quarantaine de référents nommés sont autorisés aux tirs ou à la capture en Côtes d’Armor, une demande de dérogation portée par la Chambre d’agriculture est en cours en Morbihan. Sur l’Ille-et-Vilaine, aucune dérogation n’est existante.

Les populations explosent

En Finistère, Didier Goubil, membre associé à la Chambre d’agriculture, estime entre 300 000 à 500 000 le nombre d’individus sur le territoire. « 1/3 seulement se reproduit, les 2/3 restant sont des juvéniles, des veufs ou veuves : les choucas sont fidèles ». Ces populations représentent donc 50 000 couples nicheurs, avec en moyenne 4 petits par nid. « Les œufs ne sont pas encore éclos, il faut s’attendre à 200 000 Choucas des tours de plus en juin », prévoyait Didier Goubil à la fin mai. « Ces oiseaux risquent de se déplacer vers les autres départements bretons. Ils ne nichent plus seulement dans les cheminées ou les clochers : on peut en apercevoir dans des arbres comme les châtaigniers », explique-t-il. Si des dégâts sont déjà constatés sur toute la Bretagne, Jean-Alain Divanac’h, président de la FDSEA 29, demande qu’il y ait « un changement de statut, c’est la seule façon de réguler l’espèce. Les choucas nuisent aussi à d’autres espèces de petits oiseaux favorables à la biodiversité », conclut-il.

Déclarer 1 400 € de perte à l’ha
Face à ces dégâts, les élus de la Chambre d’agriculture conseillent fortement de déclarer les dégâts subis. « C’est absolument nécessaire pour faire remonter à la DDTM le problème. Les meilleurs compteurs restent les agriculteurs », note Sophie Jézéquel. Les déclarations peuvent se faire en ligne, sur site de la Chambre d’agriculture de Bretagne (onglet conseil cultures Bretagne). En fin de questionnaire, un montant des dégâts estimé est demandé. « Pour un maïs et en comptant les semences, le travail du sol et le temps de travail, il faut compter 1 400 € de pertes à l’ha », spécifie Sophie Jézéquel. Ce montant peut même être sous-estimé, car ne prenant pas en compte les pertes de rendements conséquentes d’un ressemis plus avancé dans la saison.
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