Energies et environnementIlle-et-Vilaine

S’adapter aux changements climatiques

Certains agriculteurs bretons ont déjà amorçé des changements sur leur exploitation notamment sur la gestion des pâtures et des espèces prairiales.

« La Bretagne subit aussi des changements climatiques comme des sécheresses ou des pluies massives sur des courtes périodes qui impactent les agriculteurs. Pour autant, l’agriculture est une solution pour lutter contre le réchauffement climatique avec notamment la possibilité de stocker du carbone grâce aux prairies et à l’implantation de haies par exemple  », lance Loïg Chesnay-Girard, président du Conseil régional de Bretagne en introduction du forum climat-énergie organisé par les Chambres d’agriculture de Bretagne, Normandie et Pays de la Loire.

Franck Baraer, climatologue à la station Météo France de Rennes / Saint-Jacques (35) a fait un rapide bilan de la saison agricole 2020. « Le début d’année a été marqué par de fortes pluies jusqu’en mars. Avec très peu de gel cet hiver, le printemps est arrivé précocement. Nous avons subi de fortes chaleurs début août atteignant des températures de 35 à 39 °C en Sud-35 mais la Bretagne a été épargnée par la sécheresse. De gros orages ont éclaté mi-août et nous avons enregistré des records de chaleur mi-septembre avec entre 33 et 35 °C sur certains secteurs. La tempête Alex, qui s’est abattue sur le Bretagne entre le 1er et le 6 octobre, avec des vents violents, a couché certaines parcelles de maïs et entraîné une pluviométrie de 100 à 150 mm en 48 heures sur les Côtes d’Armor. »

Songer à créer des réserves collinaires

« En Ille-et-Vilaine on perçoit aujourd’hui ce que vivaient les agriculteurs du Sud des Pays de la Loire il y a 15 ans. Nous devons anticiper et commencer à construire des réserves collinaires car dans le futur certaines de nos cultures devront être irriguées », estime Loïc Guines, président de la Chambre d’agriculture 35. La ferme expérimentale de Thorigné-d’Anjou travaille sur la gestion des fourrages en élevages ruminants sous contraintes climatiques. Les bovins ont accès à des prairies à flore variée robuste pour le pâturage. Les ressources alimentaires sont diversifiées avec des cultures mélangeant céréales et protéagineux ensilées ou récoltées en grain selon les besoins. « Il est important de faire un bilan fourrager chaque année. Pour les prairies, il faut diversifier les espèces en remplaçant le RGA/TB par de la fétuque élevée qui va produire plus longtemps l’été et repartir plus rapidement l’automne. La chicorée offre un bon potentiel de rendement et le plantain est apprécié pour son pouvoir couvrant et ses bonnes valeurs alimentaires », décrit Tanguy Bodin de la Chambre d’agriculture de Bretagne.

Faire évoluer son système
Les associés du Gaec Guines à Rives-du-Couesnon (35) ont adapté leur système au potentiel agronomique : les terres séchantes sont en prairies, les terres fertiles en luzerne et maïs. Ils ont ajusté le chargement et sont passés en croisement 3 voies. Les prairies sont implantées en multi-espèces. « Nous avons adapté la saisonnalité à la pousse de l’herbe pour le pâturage : groupement des vêlages au printemps, vaches nourrices, pâturage hivernal. Des plantations de haies et de l’agroforesterie intraparcellaire sur les paddocks permettent de nous adapter aux fortes chaleurs », témoigne Loïc Guines.

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