Cultures

La résistance aux maladies comme 1er critère de recherche variétale

Les légumiers peuvent compter sur la création variétale de l’OBS qui propose des nouveautés qui résistent aux maladies.

La recherche de variétés tolérantes aux maladies se réalise par rétrocroisements « en cherchant des sources naturelles de résistance », explique David Esnault, responsable développement et vente à l’Organisation Bretonne de Sélection (OBS). Cette union de coopératives spécialisée dans la création variétale, basée à Plougoulm (29), propose différentes espèces de légumes aux producteurs, en s’attachant à trouver des nouveaux sujets plus résistants face aux attaques fongiques.
En culture d’échalote, le mildiou est « une véritable épée de Damoclès pour les producteurs, car la maladie agira sur le rendement de la culture ainsi que sur sa conservation. C’est une double peine », résume le responsable. C’est dans cette optique de recherche de résistance que la variété Molène a été développée, puis commercialisée en 2017.

Molène ouvre des portes

Proposée à la vente en exclusivité aux producteurs Prince de Bretagne, Molène propose des caractéristiques génétiques de haute résistance (HR) au mildiou. « Elle a aussi la particularité d’être très proche de Longor, autre variété largement cultivée. Les producteurs peuvent donc rapidement se l’approprier ». Ses propriétés séduisent les producteurs conventionnels comme bio, « 75 % des producteurs en AB choisiront Molène en 2021. La résistance au mildiou apporte 2 réponses : un rendement préservé, mais aussi une meilleure conservation et une meilleure maturation des cultures ». L’arrivée de cette variété a même été un déclic pour certains légumiers qui ont attendu cette solution de résistance naturelle pour engager leur conversion en agriculture biologique. Ce type de végétal résistant ouvre aussi des perspectives pour les consommateurs, car cette échalote permet de répondre au cahier des charges « Cultivées sans pesticides », de la feuille à l’assiette.

Prévoir la réglementation

Les aspects règlementaires obligent aussi à faire bouger les lignes. Le prochain retrait du Mancozèbe trouvera une solution par le biais de ces variétés tolérantes.
Mais les travaux de création de nouvelles variétés de l’OBS ne s’arrêtent pas aux échalotes et au mildiou. Ainsi, des travaux sur des maladies du sol comme la fusariose anticipent l’interdiction d’utilisation de produit de trempage luttant contre les botrytis allii et squamosa. « Notre 1er critère de recherche variétale reste la résistance aux maladies. Pour exemple, il n’y a plus de variétés sensibles au mycosphaerella à la gamme chou-fleur ». Une seconde piste est aussi menée dans ces créations, avec des végétaux disposant de flexibilité agronomique. « Les cultures connaissent des extrêmes climatiques, nous recherchons des variétés qui acceptent les changements, tout en conservant des constantes de rendement ».

Une recherche collaborative
Les cultures légumières ne bénéficient pas de recherches publiques aussi poussées que pour les grandes cultures. « Le séquençage du génome de l’échalote n’est pas encore réalisé ». Pour autant, les entreprises grainières mettent des moyens financiers pour travailler sur la génétique de demain. « Nous sommes aussi dans une recherche collaborative », fait remarquer David Esnault.
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