CulturesEnergies et environnement

Inter-cultures énergétiques et méthanisation

Face au développement de la méthanisation agricole, les matières pour alimenter les digesteurs sont de plus en plus convoitées. Afin de sécuriser leurs approvisionnements, les agriculteurs méthaniseurs se tournent de plus en plus vers les cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE).

Bien que sujet relativement récent, les surfaces de CIVE connaissent un développement important ces dernières années. Implantées et récoltées entre deux cultures principales dans une rotation, leur important potentiel méthanogène les place comme une alternative intéressante aux cultures énergétiques dédiées dont les seuils maximums d’approvisionnement sont fixés à 15 % du tonnage brut entrant. En plein développement, ces CIVE sont susceptibles d’être un axe déterminant dans la faisabilité et la réussite des projets. Malgré cet intérêt, leur implantation et leur gestion ne doivent pas gêner la conduite des cultures de la rotation. En effet, le défi est de pouvoir produire de la matière sèche sans impacter les cultures alimentaires qui suivent ou précèdent tout en garantissant l’approvisionnement de l’élevage qui repose parfois aussi sur les dérobées fourragères hivernales. Il est donc indispensable de déterminer les bonnes dates de semis, la bonne période d’implantation et la fertilisation nécessaire afin de respecter ces équilibres et la réglementation correspondante, souvent méconnue.

Des entretiens terrain

Afin de répondre à ces enjeux énergétiques et agronomiques, Eureden conduit mutuellement avec ses adhérents plusieurs expérimentations sur les variétés au sein de différents contextes (d’élevage, de climat, etc.). En parallèle, afin de recueillir les pratiques mais aussi les questionnements sur le sujet, un travail a été conduit auprès d’une quinzaine de méthaniseurs bretons, pilotes de différents systèmes (cogénération, injection…). Ces entretiens ont mis en lumière une multiplicité des systèmes et des pratiques agricoles liées aux CIVE. Selon les types de productions et rotations, l’implantation des CIVE peut se réaliser de manière très différente. Les attentes et les priorités des agriculteurs (fertilité des sols, production de biogaz, alimentation du troupeau…) influencent leur manière d’appréhender les CIVE et mènent à des raisonnements différents.

De plus, pour la majorité d’entre eux, le retour d’expérience acquis est assez faible et de nombreuses interrogations subsistent. Les problématiques récurrentes concernent les notions d’insertion dans la rotation, le choix des espèces et des variétés de CIVE, les dates de semis et de récolte, les rendements à viser pour assurer la rentabilité ou encore les obligations réglementaires. « Les CIVE sont des cultures intermédiaires mais doivent être menées comme des cultures à part entière. Pour l’instant, nous cherchons à maximiser le potentiel de la rotation maïs / seigle », résume Marc Bozec, agriculteur méthaniseur au sein du Gaec de Lopré à Loc-Brévalaire.

Un conseil personnalisé

Pour répondre à ces interrogations, et en s’appuyant sur la quarantaine de projets de méthanisation accompagnés, en lien avec les experts méthanisation, agroécologie et environnement, le pôle « Prestations de conseil » d’Eureden a développé un suivi personnalisé en lien étroit avec les techniciens cultures. Ces prestations ont pour objectif d’affiner le choix des inter-cultures en prenant en compte les aspects agronomiques (contexte pédoclimatique, insertion dans la rotation, itinéraire technique…), économiques (coût, rentabilité) et humains (temps de travail). La sécurisation des intrants et l’optimisation de la ration sont aussi intégrées tout en conservant d’autre part une certaine cohérence entre la méthanisation et le système agricole (autonomie fourragère et retour au sol).

Afin de formaliser ces choix possibles, un outil d’aide à la décision est désormais utilisé en interne. Il permet de proposer différentes hypothèses de conduite des CIVE en fonction des priorités retenues et de leur adjoindre des indicateurs de pilotage agronomiques et énergétiques.
Les scénarios élaborés sont ensuite confrontés au volet réglementaire afin d’être validés. Ne reste plus qu’à choisir celui ou ceux à mettre en œuvre !

Pour toute information, contacter Amr Chamaa : amr.chamaa@capinov.fr ; 06 15 45 46 40

CIMSE, kézako ?
Récemment, l’appellation « CIMSE » a commencé à circuler entre les acteurs de l’agriculture. C’est une Culture intermédiaire multi-service environnemental, c’est un couvert végétal, non marchand, semé en interculture pour produire un ou des services écosystémiques tels que : mobilisation et recyclage des éléments nutritifs du sol, maintien d’une biodiversité, engrais vert, gestion des adventices, lutte contre l’érosion, atténuer le changement climatique par le stockage du carbone, lutte contre des maladies, structuration des sols « enracinement, porosité, humus, activité biologique, ressuyage. »

Sarah Petreault et Amr Chamaa / Capinov (Eureden)

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