Politique et Syndicalisme

« Favoriser les actifs plutôt que les hectares dans la Pac »

La Confédération paysanne Bretagne se mobilise pour l’aide à l’actif  dans la Pac en visant plusieurs leviers : plancher et plafond d’aides/actif, paiement redistributif, aides couplées sur certaines productions…

Alors que la nouvelle Pac est en cours d’élaboration, la Confédération paysanne Bretagne a organisé un débat public sur le sujet le 7 octobre à Saint-Gilles (35). « Il faut agir maintenant face à la perte de paysans, aux enjeux environnementaux, à l’urgence climatique… On ne peut pas attendre la nouvelle Pac en 2027 », a déclaré Jean-Marc Thomas, porte-parole du syndicat en Bretagne. « Nous devons favoriser plusieurs leviers : aides aux petites fermes, plafonnement efficient à l’actif et renforcement du paiement redistributif aux premiers hectares. »
« Des aides couplées du 1er pilier peuvent aussi aider au maintien des actifs. Elles pourraient être versées pour des productions de protéagineux ou de fruits et légumes », ajoute-t-il. « Par ailleurs, les aides vertes devraient être fléchées vers les prairies et le bocage qui continuent de diminuer, plutôt que vers la méthanisation par exemple… »

Pour une Pac gérée en Bretagne

« Les Maec, gérées par la Région, allaient dans le sens de notre projet : bonnes pour les paysans, bonnes pour la société. Mais nous avons l’impression d’être lâchés… » En effet, l’État envisage de reprendre la main sur ces aides. « Seules la Bretagne et l’Aquitaine veulent les garder pour le moment. C’est un recul, alors que nous demandons la régionalisation de toute la Pac », a détaillé Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne, invité au débat. « Nous voulons prendre nos responsabilités en disposant de moyens plus importants (cela représenterait 500 millions €/an). Nous souhaitons mettre en place davantage de régulation, de financement à l’actif, renforcer l’agroécologie… ».
La Conf’ Bretagne se montre favorable à cette régionalisation de la Pac et souhaite aussi que la Région gère les PSE (paiements pour services environnementaux) qui « se développent un peu partout sur le territoire, pouvant créer une concurrence entre agriculteurs. »

Au niveau national, le syndicat est membre de la « Plate-forme pour une autre Pac » qui réunit 43 organisations paysannes et citoyennes autour de l’alimentation (https://pouruneautrepac.eu). « Nous souhaitons tendre vers zéro droit à paiement de base (DPB) en 2027 : c’est un outil du passé », souligne Mathieu Courgeau, président de la plate-forme. « Nous nous sommes associés à une quarantaine d’organisations européennes dans une lettre invitant les décideurs politiques à assurer l’alignement de la réforme de la Pac sur les ambitions du Pacte vert. Nous devons faire bouger les lignes sur cette Pac. Sinon quel soutien aurons-nous demain ? Mais nous avons du mal à peser dans les négociations… ».

Un levier vers l’agroécologie
Remis il y a un an, un rapport a été établi par une dizaine d’experts sous la direction de Julien Fosse, chef de projet « agriculture et biodiversité » à France stratégie. Il propose une Pac avec un 1er pilier offrant un paiement de base par UTA et un 2e pilier « agroécologie » avec un système de bonus-malus et rémunérant les bénéfices environnementaux. Ce rapport invitant à un changement de modèle a été présenté aux responsables politiques et syndicaux (à retrouver sur www.strategie.gouv.fr).
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