Tout faire pour réduire l’usage des phytosanitaires

6152.hr - Illustration Tout faire pour réduire l’usage des phytosanitaires
René et Julien Collin, 2 des 4 associés du Gaec situé à Bédée (35).
Les associés du Gaec Collin-Berrée ont expliqué leur façon de réduire l’usage de produits phytosanitaires sur leur exploitation.

Les organisateurs du Space ont sélectionné le Gaec Collin-Berrée situé à Bédée (35) pour une visite d’exploitation en parallèle du salon. René Collin retrace son parcours : « Je me suis installé seul en reprenant la ferme des parents de mon épouse Régine. La production était de 147 000 litres de lait avec 30 vaches et 28 ha de terres. » Ne pouvant pas obtenir de quota supplémentaire en 1987, il construit un 1er poulailler de 400 m2 dédié à l’élevage de canard. En 1992, il construit un 2e bâtiment de 450 m2 et reprend 20 ha. « En 1997, mon épouse s’installe et en 2002 nous créons un Gaec avec mon frère Daniel qui était éleveur à Noyal-sur-Vilaine ; nous passons alors à une production de 396 000  litres sur 97 ha. Notre fils Julien rejoint le Gaec en 2007 en reprenant une exploitation voisine produisant 258 000 litres sur 48 ha. »

Le groupe Dephy plutôt qu’une nouvelle MAE

En 2009, les associés s’engagent dans une MAE visant à réduire l’utilisation des herbicides. « Pour les céréales, nous désherbons sortie d’hiver en réduisant les doses. Nous acceptons d’avoir quelques repousses de ray-grass qui n’impactent pas le rendement. Nous allongeons les rotations en introduisant une culture de RGI + trèfle destiné à la fauche qui offre l’avantage de réduire certaines résistances au désherbage. Le maïs après prairie n’est plus désherbé. Nous passons la houe rotative et nous binons. Le binage nous a permis d’améliorer nos rendements. L’adage qui dit un binage vaut deux arrosages se vérifie », décrit Julien Collin. En 6 ans, l’IFT est passé de 1,25 à 1,13. Pour autant, les associés ont décidé de ne pas se réengager dans une MAE à cause des contraintes. Ils ont préféré rejoindre un groupe Dephy pour apprendre et échanger sur les pratiques concrètes de chacun. Cela a permis de réduire l’usage des fongicides sur blé en travaillant sur les mélanges variétaux.

Gagner en confort de travail

Les problèmes physiques (tendinites épaules, coudes, poignets) de Julien et Régine liés à la traite les ont poussés à investir dans 2 robots de traite en 2014. « Avec 45 vaches par robot nous avons de la souplesse dans leur gestion, pas besoin de sauter s’il y a un problème sur l’un des deux. » Les éleveurs sont passés en système lisier pour gagner en confort de travail. « Le lisier destiné aux prairies et au maïs est aussi plus facile à stocker que le fumier et permettra peut-être un investissement futur dans une unité de méthanisation », conclut Julien Collin.

Vers un arrêt anticipé du canard

« Il y a 2 ans notre groupement nous avait proposé de faire un bâtiment neuf pour élever des canards. Étant proche de la retraite nous n’avons pas donné suite », explique René Collin. Ces bâtiments amortis depuis longtemps permettent de générer de la valeur ajoutée sur l’exploitation. Mais la crise qui touche la production, cumulée à un manque de débouché du canard vers la RHD, met les éleveurs de canard en péril. « Cette année nous allons faire 1,5 lot au lieu de 3,5 normalement. Nous sommes sur un vide sanitaire de 13 semaines », déplore l’éleveur qui indique qu’il reste uniquement ses 2 poulaillers sur un secteur qui en totalisait 12 il y a peu de temps. Le revenu de l’exploitation se trouve lourdement impacté. Cette production sera arrêtée par Julien Collin lorsque ses parents prendront leur retraite.


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