Pailler seul sur une grande largeur

5972.hr - Illustration Pailler seul sur une grande largeur
La machine est guidée par l’opérateur comme une voiture télécommandée, ce qui permet de pailler seul.
L’entreprise ECS, de Saint-Macaire-en-Mauges (Sèvremoine, Maine-et-Loire), a inventé une pailleuse-repailleuse automotrice et radioguidée qui permet de travailler seul dans le bâtiment sur une largeur pouvant atteindre 18 mètres.

Sur leur élevage avicole à Saint-André-de-la-Marche (Sèvremoine, Maine-et-Loire), Stéphane et Jean-Marie Guitton en avaient assez de pailler leurs 9 000 m2 de bâtiments. Alors ils sont allés voir les constructeurs. Au salon Tech élevage de la Roche-sur-Yon, il y a deux ans, ils ont exposé leur demande à l’entreprise ECS, qui, hasard complet, se trouve basée à 300 mètres seulement de leur ferme. C’est ainsi qu’est née l’idée de cette pailleuse automotrice.

Deux big ballers embarqués

Ce que voulaient les éleveurs, c’est une machine efficace, d’une grande capacité, capable de travailler sur une largeur importante, et avec un seul opérateur. Il fallait aussi qu’elle soit capable de ne pailler que d’un côté. ECS a relevé le défi.

La pailleuse automotrice peut embarquer deux big-ballers entiers de paille broyée, soit environ 800 kg. Ils sont placés sur champ dans la trémie et deux démêleurs permettent d’envoyer la paille vers deux plateaux situés à l’arrière. « C’est le même principe qu’un épandeur », résume Stéphane Guitton. Six volets, sur le côté et à l’arrière, s’ouvrent ou se ferment de façon simple selon les besoins. C’est ainsi que la machine peut envoyer la paille (ou des copeaux ou du miscanthus) d’un seul côté ou des deux. « En milieu de lot, on peut ne repailler que sur les lignes d’eau et les mangeoires », par exemple, appuie André Barreau, cogérant d’ECS. « Je sais à peu près quelles trappes ouvrir ou fermer selon ce que je veux pailler, mais il m’a fallu quelques big-ballers avant d’y arriver », témoigne Stéphane Guitton, qui possède la machine depuis février dernier.
L’une des difficultés était la largeur. Pas facile d’envoyer de la paille de façon uniforme sur une largeur de près de 18 mètres. « Cela n’a pas été concluant dès le début », admet Étienne Loiseau, autre associé de la PME. Plusieurs allers-retours ont été nécessaires pour mettre la technique au point : vitesse de rotation des disques, ouverture des volets, largeur des volets…

Un seul opérateur

La plus grande avancée que propose cette machine, c’est la possibilité de travailler seul. L’opérateur n’est pas assis sur son automoteur mais à côté, et il la guide comme une voiture télécommandée. Cela lui permet de dégager le passage, effaroucher les volailles qui sont trop près de l’engin, et aussi de surveiller toute sa zone de travail en permanence. Bref, plus besoin d’avoir son associé ou son salarié à côté. « Non seulement je fais ça tout seul, mais le chantier dure un tiers de temps en moins », constate Stéphane Guitton. Plus besoin de finir le travail de répartition de la paille au balai. Il paille « environ 1 000 m2 à l’heure, tout compris ». Cela lui permet de pailler plus souvent, mais d’en répandre moins à chaque fois.

Antoine Humeau


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