Cultures

Céréales : 5 bonnes raisons de ne pas semer trop tôt

Suite au climat atypique rencontré à l’automne et l’hiver derniers dans notre région, la tentation de semer assez tôt les céréales à paille d’hiver risque d’être élevée cette année. Des résultats d’essais menés depuis plusieurs années en Bretagne par Eureden et Arvalis indiquent que les meilleurs rendements sont atteints lorsque le blé est semé dernière décade d’octobre, que ce soit à l’Est ou à l’Ouest de notre région.

Voyons aujourd’hui 3 de ces 5 raisons qui indiquent de ne pas se précipiter et d’attendre au moins le 25 octobre pour commencer à semer blé, triticale ou avoine et le 1er novembre pour l’orge d’hiver. En effet, nous avons identifié cinq points de vigilance liés aux semis précoces pour cet automne. Les 2 autres points seront abordés dans l’édition du 18 septembre.

Bas De Tige Et Racines
Le piétin échaudage est une maladie de l’orge ou du blé transmise par un champignon du sol provoquant des nécroses racinaires et des manchons noirs sur la base des tiges.

Attention à la JNO

Différents pucerons d’automne peuvent transmettre aux céréales d’hiver un virus appelé Jaunisse nanisante de l’orge ou JNO. Ce virus peut engendrer une perte de rendement très élevée (jusqu’à 50q/ha) sur l’orge d’hiver, qui est l’espèce la plus sensible. Le virus s’attaque également au blé et à l’avoine mais occasionne moins de dégâts sur triticale et seigle. La nuisibilité sera d’autant plus forte sur semis précoce car le puceron a besoin de températures supérieures à 12°C pour voler et se reproduire. Les semis du 15 octobre seront donc beaucoup plus exposés que ceux du 15 novembre. La pression est relativement calme depuis 2 ans mais il convient de rester vigilant. La campagne 2015/2016, marquée par un automne/hiver très doux, avait marqué les esprits sur l’orge d’hiver avec des dégâts élevés liés à la JNO… Depuis la disparition des néonicotinoïdes, utilisés en traitement de semence comme le Gaucho, la lutte contre la JNO est devenue plus compliquée.

Se méfier du piétin échaudage

Les symptômes sont souvent observés au niveau des andains de paille du précédent, voire de l’antéprécédent. Cette maladie est fréquente dans les régions océaniques comme la Bretagne et pourtant sa nuisibilité est sous-estimée dans bon nombre de parcelles. Contrairement aux autres maladies des céréales, le piétin échaudage ne se contrôle pas avec le choix variétal ou des fongicides en végétation. Pour lutter contre cette maladie, des moyens existent :
• Modifier la rotation dans les parcelles historiquement touchées : dans ces situations, éviter une orge après un blé et plutôt s’orienter vers une avoine ou un colza ou protéagineux.
• Gestion des résidus avec une moissonneuse-batteuse équipée d’un récupérateur de menues pailles.
• Éviter le surchaulage entre deux céréales à paille.
• Ne pas semer trop tôt dans les parcelles à risque, surtout les précédents pailles.
• Désherber correctement les graminées (plantes hôtes) dès l’automne.
• Utiliser le traitement de semences Latitude XL.

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Adapter le choix variétal aux semis précoces

Si malgré toutes nos recommandations, vous souhaitez débuter vos semis de blé avant le 25 octobre, il est indispensable d’être attentif au choix variétal. Même si le risque de gel d’épi est particulièrement faible en Bretagne, seules les variétés tardives à montaison autorisent des semis précoces. Dans les sols profonds, choisissez des variétés tardives à montaison et à épiaison, qui permettent, grâce à l’allongement du cycle, des potentiels de rendements plus élevés. Exemple : Chevignon, KWS Extase, ou RGT Perkussio. Dans les sols avec moins de réserve utile, optez plutôt pour des variétés tardives, à montaison, et précoces, à épiaison pour éviter le stress hydrique au printemps. Exemple : Complice, Vyckor ou la nouveauté Grimm.

Bien que plus précoce à maturité que le blé, l’orge est plus tardive à montaison, ce qui la protège davantage du risque de gel de l’épi en février-mars. Toutefois, nous déconseillons les semis d’orge avant le 30 octobre à cause du risque JNO trop élevé. Semez l’orge après votre blé pour éviter de compromettre le rendement.
Le triticale et le seigle supportent davantage les semis précoces car moins sensibles à la JNO, au piétin verse et au piétin échaudage.

Quelques conseils pour gérer au mieux la JNO :

– Détruire rapidement les plantes « réservoirs à virus », c’est-à-dire les repousses de céréales et autres graminées comme le ray-grass entre 2 céréales.
-Attendre le 25 octobre pour commencer à semer le blé et début novembre pour l’orge d’hiver.
-Utiliser des variétés d’orge tolérantes au virus. Exemple : Idilic (2 rangs), ou KWS Jaguar (6 rangs).
-Ne traiter qu’en dernier recours lorsque les seuils d’intervention sont atteints. Ne pas systématiser l’utilisation des insecticides pour éviter le développement d’éventuelles résistances.

Sébastien Grey / Eureden

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