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Bien préparer son assolement 2020-2021

Rotation, plan de fumure, respect de la réglementation… : pour réussir son assolement, de nombreux axes de réflexion sont à prendre en compte.

Avant d’arrêter sa stratégie d’assolement, il faut avoir pris en compte la réglementation et ses plus récentes mises à jour. Parmi les dernières évolutions, retenons par exemple que les nouvelles zones de non-traitement (ZNT), le long des habitations, viennent s’ajouter à celles, existantes, le long des cours d’eau. Ainsi, le choix des cultures à implanter et le volume de produits phytosanitaires épandu sont impactés. Au titre de la conditionnalité des aides, il faut respecter la présence de bandes enherbées le long des cours d’eau. Si des parcelles sont remaniées, attention à ne pas arracher une haie qui serait protégée par la Bonne condition agricole et environnementale n°7 (BCAE 7).

Pac et assolement

Il faut respecter la règle de diversité d’assolement qui conditionne l’aide verte. Ainsi, au-delà de 30 ha de terres arables, l’agriculteur doit implanter 3 cultures dont la principale ne dépasse pas 75 % des terres arables, (sauf si c’est de l’herbe), et dont les deux principales ne dépassent pas, ensemble, 95%. Pour ceux qui implantent des intercultures en mélange déclarées en Surfaces d’intérêt écologique (SIE) dans le dossier Pac, il faut les semer avant la fin de l’été afin que le couvert ait levé au 10 septembre, date de début de la période de présence obligatoire de 8 semaines des couverts SIE en Bretagne.

Pour les agriculteurs engagés dans une mesure agro-environnementale et climatique (MAEC), des contraintes de rotation sont à respecter. Dans le cas des mesures polyculture-élevage herbivores, il faut respecter le ratio minimal d’herbe dans la SAU et le ratio maximal de maïs dans la Surface fourragère principale (SFP). Dans certaines mesures territorialisées, il faut respecter un minimum de légumineuses dans la rotation et le non-retour de la même culture deux années de suite sur la même parcelle. Pour les agriculteurs bio engagés dans une mesure Conversion ou Maintien à l’agriculture biologique (CAB / MAB), si une prairie artificielle a été implantée avec au moins 50 % de légumineuses la 1re année de l’engagement, il faut implanter un couvert de grandes cultures sur la parcelle au moins 1 fois au cours de l’engagement. Rappelons enfin que les cultures dérobées implantées en interculture permettent de respecter la Directive Nitrates et le taux de SIE tout en étant valorisées en fourrage.

Stratégie de diversification

Diversifier son assolement peut passer par l’allongement des rotations afin de réduire la pression des bioagresseurs. Cela peut aussi être l’occasion d’introduire une nouvelle culture qui demande moins de travaux, génère plus de valeur ajoutée ou qui est plus résistante aux aléas climatiques, comme la sécheresse. Cette réflexion doit s’inscrire dans un contexte où la diminution des intrants, notamment les produits phytosanitaires, est encouragée. Le Pacte Vert européen et la nouvelle Pac fixent des objectifs ambitieux par rapport à cette réduction des intrants. Par ailleurs, afin de réduire les risques, il peut être intéressant de souscrire une assurance récolte.

LE CAS DES PRAIRIES
Afin de réduire les fuites d’azote, il est utile de prévoir le retournement des prairies au printemps et certaines prairies pourront être implantées tôt pour une fauche précoce. Attention toutefois à ne pas retourner les prairies classées “sensibles”. Au titre de l’aide verte de la Pac, le retournement de ces prairies est interdit.

Sabine Huet / Cogedis

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