Élevage

Des valorisations « sans antibiotique » et « sans pesticide »

Les associés du Gaec Coat Bihan, à Plédéliac (22), produisent des mâles entiers depuis 2012 et du « zéro antibiotique » depuis 2016, en filière avec la Cooperl. Aujourd’hui, ils s’inscrivent dans le « zéro pesticide » et souhaitent obtenir une certification HVE.

Le Gaec Coat Bihan fait partie de ces élevages qui innovent en permanence, travaillant la montée en gamme pour répondre aux attentes des consommateurs et mieux valoriser leurs porcs. « Nous avançons dans une démarche de filière avec notre groupement Cooperl et avec tous nos partenaires (autres éleveurs, recherche, techniciens, vétérinaires…) », expliquent Bruno et François Hamon, 2 des 4 associés du Gaec. Dès 1996, les associés avaient répondu à la démarche « Qualité filière Carrefour » lancé par la Cooperl, puis en 2008, au marché « Welfare » (bien-être) sur le Royaume-Uni.

Liberté après l’IA

« Dès cette date, les truies ont été mises en liberté juste après IA. Des jouets ont été mis en place, des pipettes en engraissement… » Puis le marché s’est arrêté car les Anglais ne voulaient plus payer la plus-value, mais les techniques de production ont été conservées par les éleveurs. « Par ailleurs, nous n’avons jamais meulé les dents, ce n’est pas nécessaire. Nous avons testé plusieurs fois la non-coupe des queues sans réussite pour le moment. Nous évaluons actuellement une technique prenant en compte plusieurs facteurs tels que l’alimentation, l’allotement, la génétique… »

Par la suite, le Gaec a aussi fait partie de la dizaine d’élevages testant le mâle entier. « La filière a été lancée en 2012 par le groupement. Nous utilisons une génétique piétrain « non-odeur ». Au niveau de l’élevage, le fait de ne pas castrer a été favorable aux performances en indice de consommation et GMQ. Ces animaux qui disposent d’une gamme d’aliments spéciaux « mâles entiers » sont mieux classés que les femelles. Nous évaluons le gain économique à 5 €/porc. »

Les robots assurent 90 % du nettoyage.

Sans antibiotique sur toute la vie

Autre démarche expérimentée sur l’élevage à partir de 2014, le « sans antiobiotique » après 42 jours, puis sur toute la durée de vie depuis 2016. « Nous avions déjà de “l’aliment blanc” (depuis au moins 20 ans) et une pompe doseuse. Nous pouvons traiter de manière ciblée par bande, case ou individu. » En cas de traitement d’un porc, celui-ci est écarté de la filière sans antibiotique. Pour assurer la traçabilité, il est marqué avec un pistolet automatique.

« Actuellement, suite à l’installation de François en 2018 et le doublement des effectifs, nous finissons les travaux de restructuration de l’élevage. Nous sommes repartis avec un renouvellement entier du troupeau. Quand le sanitaire sera bien stabilisé, notre objectif est de produire 80 à 90 % de porcs sans antibiotique sur l’élevage », précise Bruno Hamon. Pour ces porcs, les éleveurs perçoivent une plus-value de 22 cts €/kg de carcasse.

Depuis 2016, le cheptel est équipé de puces RFID reliées au logiciel Pass’porc du groupement permettant la traçabilité sur tous les événements liés à un animal : conditions de naissance, mère, traitements, mouvements, pesées, nombre de vendus/truie… « Nous pouvons facilement réaliser des statistiques. Cela peut aussi nous aider à trouver l’origine d’un problème, à savoir où intervenir », indique François Hamon.

Toute la biosécurité revue
Dans le cadre de la restructuration, toute la biosécurité a été revue sur l’élevage : marche en avant, douches des éleveurs en cas de changement de pôle de production, flux des véhicules, ventilation des bâtiments… « Le lavage est assuré par deux robots. Pour qu’ils fonctionnent, ils doivent être bien configurés selon les salles. Ils assurent 90 % du nettoyage, nous passons ensuite dans les recoins, puis mettons le dégraissant et le désinfectant », précisent les éleveurs. De l’asséchant avec des huiles essentielles est répandu dans les cases de mise bas. Au fil du temps, la précision de l’alimentation a été renforcée, avec 8 types d’aliments différents. Les salles gestantes sont équipées de racleurs Trac. Aidant aussi à la maîtrise sanitaire, un plan de vaccination est établi et revu régulièrement en concertation entre les éleveurs, le technicien de groupement et le vétérinaire.
Dès la naissance, des puces RFID (en bleu) sont posées sur l’oreille des porcelets.

Du blé et du colza « sans pesticide »

Comme pour les antibiotiques et autres médicaments, les associés travaillent aussi sur la baisse des produits phytosanitaires sur l’exploitation. « Nous livrons du blé qui entre dans la démarche « sans pesticide » de la culture à l’élevage initiée par la Cooperl et baptisée « Envi ». Sur deux ans, nous avons cultivé du blé sans phytosanitaire. Nous l’avons aussi réalisé sur un an en colza. Nous utilisons des biostimulants, des huiles essentielles et du désherbage mécanique », notent les éleveurs.
Le Gaec a aussi entrepris un nouveau challenge : l’obtention de la HVE (Haute valeur environnementale) : le plus haut des trois niveaux de la certification environnementale des exploitations agricoles. Il y a une obligation de résultats sur différents points : biodiversité, stratégie phytosanitaire, gestion de la fertilisation et de la ressource en eau. « Nous allons passer l’audit cet hiver… ».

85 % des volumes en mâles entiers
Aujourd’hui, 85 % des volumes commercialisés par la Cooperl sont en production de mâles entiers (« Filière porc bien-être » en place depuis 2013) dont la moitié est engagée en « Porc sans antibiotique » depuis 2014 (à partir de 42 jours ou sur toute la vie). Existant depuis 2006, le Label Rouge représente 3 % des volumes. Le bio est arrivé en 2017 (1 % des volumes). Mis en place en même temps, le « porc sur paille » est une filière “cousue main” vers des clients partenaires. Le groupement est également présent sur les marchés des porcs Bleu-Blanc-Cœur, IGP Sud Ouest, Bayonne et sur le marché des coches. Une filière spécifique est orientée vers la Chine (pour l’une des unités de transformation dans ce pays). L’entreprise s’est aussi développée sur l’aval avec 15 sites de salaison – charcuterie sur la France et 70 points de vente (boucherie, charcuterie) et maintenant de la livraison à domicile.
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