Côtes d'ArmorPolitique et Syndicalisme

« Des agriculteurs travaillent toujours à perte »

À l’occasion d’une réunion téléphonique, les responsables de la FDSEA ont rappelé aux députés du département « l’énorme fragilité » des exploitations agricoles.

« Le secteur agricole et agroalimentaire breton, tant décrié, a montré sa capacité à répondre en quantité, en qualité et sanitairement à l’enjeu de la continuité alimentaire dans ce contexte inédit de pandémie », ont rappelé en préambule les représentantes de la FDSEA 22, Fabienne Garel (présidente), Carole Joliff (section porcine) et Nathalie Carmès (section laitière). « Et il continuera de répondre et de s’adapter aux enjeux qui lui sont demandés à condition qu’on lui donne les moyens de poursuivre son activité. »

Car à l’heure où beaucoup de corps de métier discutent avec l’État sur les modalités de la reprise et les accompagnements à prévoir dans le temps, les responsables ont clairement alerté les députés Kerlogot, Joncour, Berville et Bothorel (Le Fur excusé) sur la situation. « Les exploitations en fonction de leurs marchés sont diversement impactées. Dans de nombreux cas, les pertes de chiffre d’affaires sont importantes. D’autre part, les charges augmentent et nos produits connaissent une dévalorisation injustifiée. Sans oublier l’apparition, prévisible, de clusters près de chez nous qui impactent directement nos filières, l’élevage notamment. »

La grande distribution renforcée dans la crise

Mobilisé de la première heure pour assurer « une alimentation pour tous dans le respect de la planète », le monde agricole est aujourd’hui « en colère », ont martelé les syndicalistes. Faisant part aux élus de leur incompréhension totale : « D’un côté, on ne cesse de nous répéter que le budget alimentaire des foyers a explosé. De l’autre, une bonne partie des agriculteurs travaillent toujours à perte. » Derrière cette réalité, se cachent les questions du partage de la valeur et de l’équilibre des marchés. Pour terminer, les représentantes de la FDSEA ont demandé aux députés de prendre immédiatement la mesure du désarroi du secteur agricole, si important pour la vitalité socio-économique du territoire, et d’agir concrètement. « Nous demandons par exemple à l’État les moyens d’assurer une réelle prise en compte de nos coûts de production alors que la crise actuelle a renforcé le pouvoir prépondérant de la grande distribution. Mais plus localement, les élus peuvent agir pour que les cantines scolaires aient un budget ‘matières premières’ à la hauteur des ambitions. Un Merci ne suffira pas au monde agricole. »

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