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Les durées d’engraissement s’allongent

Suite à la fermeture des marchés de restauration hors domicile, la situation devient catastrophique en veau de boucherie. La filière se mobilise en réponse à cette crise.

Sur les 3 dernières semaines, les abattages de veaux de boucherie sont en baisse de 35  %. Cette chute d’activité s’explique par l’arrêt quasi total des commandes passées par la restauration commerciale qui représente plus de 20 % des débouchés habituels de la filière. Autre raison : « Le veau souffre actuellement d’une simplification des gammes dans les grandes surfaces. Le veau de boucherie n’est pas considéré comme une commodité essentielle », note Philippe Chotteau, de l’Institut de l’élevage.

Résultat pour les producteurs : « Les durées d’engraissement s’allongent et les vides sanitaires se maintiennent à 6-8 semaines alors qu’ils devraient plutôt se raccourcir à cette période de l’année », précise Sébastien Sachet, éleveur à Essé (35) et responsable veau de boucherie FRSEA. « Cette durée d’engraissement supplémentaire crée des charges en plus et pourrait entraîner une dégradation des résultats techniques : indice de consommation, GMQ… ». Il rappelle que les veaux ne peuvent pas être « stockés » en ferme en attendant que la situation s’améliore. Selon la réglementation européenne, le veau est un bovin de moins de 8 mois.

Des vides sanitaires en hausse

« Déjà depuis début 2020, les vides sanitaires ont été augmentés par les intégrateurs suite à une année 2019 difficile, liée à une forte augmentation de production aux Pays-Bas. Ils ont voulu réduire l’offre pour les mois de juin à août, période où la consommation est plus faible. » Dès le début de la crise du Covid-19, les entreprises regroupées au sein du syndicat de la vitellerie française (SDVF) ont décidé d’une réduction des mises en place, en appelant à la responsabilité de chacun. La baisse des volumes peut aller jusqu’à 30 %.

Richard Lechevalier, directeur du développement de l’entreprise Serval, souligne que les situations sont très hétérogènes selon les marchés. « Le veau français est très segmenté avec de nombreux produits sous signes de qualité : alimentation locale, prédominance de produits lactés, baisse des antibiotiques, Bleu-Blanc-Cœur… Lors de cette crise, ces productions s’en sortent mieux, malgré un prix de vente au consommateur supérieur. Les produits standards orientés habituellement vers la RHD ont plus de mal à être commercialisés. » Serval développe des productions segmentées depuis quelques années.

Plus en amont, Nathalie Le Goux, du marché au cadran du Mol, qui voit son nombre d’acheteurs revenir à la normale, observe une tenue des cours sur les derniers marchés avec « des bons veaux noirs à 110-120 € et des veaux croisés vendus entre 320 et 420 € ».

Adapter l’offre aux GMS
La section veaux d’Interbev lance une campagne de communication d’urgence du 14 au 24 avril. L’interprofession précise que « dans cette période difficile, les entreprises de transformation du secteur veau sont organisées et peuvent proposer des produits adaptés à la demande de leurs clients : UVCI (Unité de vente consommateur industrielle), caissettes ou produits élaborés pratiques pour les rayons libre-service ou le drive. » Et d’ajouter : « L’action des distributeurs est essentielle car on sait que l’exposition en magasin joue un rôle capital dans l’acte d’achat. » Malgré tout, un déséquilibre des carcasses est observé avec une moindre valorisation des avants et du 5e quartier en GMS.
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