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Corvidés : Coupler les méthodes pour limiter les dégâts

Les corvidés provoquent beaucoup de dégâts dans les cultures. Multiplier les moyens d’effarouchement et les tirs sur les espèces non protégées sont des solutions efficaces.

Les dernières déclarations de dégâts sur les cultures parlent d’elles mêmes : les corvidés sont responsables de 81 % des 1 795 ha touchés en Finistère, les choucas des tours pèsent pour 48 % dans ces chiffres. Ces oiseaux attaquent toutes les productions, en déterrant les jeunes pousses de maïs dans l’espoir d’y trouver des invertébrés, mais arrachent aussi les échalotes et souillent les légumes.

Organisée par l’association Prever, une réunion d’information a permis de faire le point sur les moyens de lutte contre ces corvidés, à Plounévez-Lochrist. Sur cette commune, les adhérents des 4 Cuma ont mis la main à la poche afin d’apporter une aide financière aux chasseurs. « Chaque adhérent a participé à hauteur de 5 €, nous avons réuni au total 540 € », chiffre Arnaud Porhel, président de la Cuma de Guerveur. Cette démarche fait écho à une action menée sur Plabennec, où Groupama a financé des cartouches de fusil aux chasseurs du territoire.

Cage roulante

Pour faire fuir les oiseaux nuisibles, « il faut une innovation par jour. Les effaroucheurs doivent avoir 2 stimuli pour être efficaces, avec un leurre visuel et un son, comme avec des solutions pyrooptiques ». Pour les corneilles noires, Maël Peden, conseiller technique au FDGedon 29, préconise de coupler 2 méthodes, en utilisant des cages roulantes doublées de petites cages. « Les grandes cages roulantes vont piéger les bandes de corneilles juvéniles, sans piéger les reproducteurs. Il faut alors utiliser des petites cages avec un appelant, afin d’attraper les oiseaux capables de s’accoupler ».

Concernant les moyens de lutte contre les choucas des tours, Maël Peden rappelle que l’espèce est protégée, mais que « sur le département le Préfet délivre des dérogations de tirs de régulation. En 2019, il y en a eu 12 000. C’est peu, mais ce n’est pas neutre : en 2005, aucun prélèvement n’était autorisé ».

Accompagner les agriculteurs

Yvon Léon, administrateur à la Fédération départementale des chasseurs du Finistère, rappelle que « les chaînes de prédation sont cassées sans l’action de l’homme. En découlent des problèmes sanitaires ; la peste porcine africaine est une épée de Damoclès qui plane sur les élevages. Nous ne prônons pas une extermination, mais un niveau d’équilibre ». Le responsable est aussi attentif aux zoonoses, comme « l’échinococcose alvéolaire transmise à l’homme par les renards. Le rôle de la fédération de chasse est d’accompagner le milieu agricole et les particuliers », conclut le responsable de la Fédération de chasse.

Reconnaître les corvidés
Les 3 espèces principales de corvidés responsables de dégâts se reconnaissent de la façon suivante :

  • La corneille noire se distingue par une taille plus importante, est entièrement noire avec un bec fort.
  • Le corbeau freux a une taille quasi similaire à la corneille noire. Il se regroupe en dortoir par instinct grégaire. Il n’a pas de plume à la base du bec, a un régime un peu plus végétarien.
  • Le choucas des tours est plus petit, a la tête grise et l’œil clair. Il a le même régime alimentaire que les autres corvidés, avec 2/3 de graines pour 1/3 d’invertébrés.
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