Cultures

Blé tendre : l’impasse du T1 devient la règle sur variété tolérante

Le traitement fongicide T1 réalisé sur blé est-il toujours rentable ? Comment piloter au mieux cette intervention ? Telles sont les questions que l’on se pose dans un contexte de réduction de notre dépendance aux pesticides.

Le T1 sur blé consiste à appliquer un produit phytosanitaire entre les stades « 1 nœud » et « dernière feuille pointante » afin de protéger le blé contre le piétin verse, l’oïdium, la rouille jaune et/ou la septoriose. Toutefois dans notre région, le piétin verse et l’oïdium sont devenus des maladies mineures et nécessitent donc rarement une lutte fongicide. Désormais le T1 vise essentiellement, la rouille jaune et/ou la septoriose. Par ailleurs, grâce aux évolutions de la génétique, nous disposons aujourd’hui de variétés productives et résistantes à la septoriose et à la rouille jaune (Figure 1). Ainsi le T1 est un traitement qui peut être supprimé dans de nombreuses situations.

Les clés pour décider

Sur la base d’un nombre de données significatif, Arvalis a évalué l’impact économique et la probabilité de valoriser le T1 en fonction de la sensibilité variétale (Figure 2). Le seuil de rentabilité du T1 est en moyenne de 3 q/ha, soit le gain de rendement minimal obtenu par ce traitement pour qu’il soit rentabilisé. Sur cette base, le T1 n’est rentable que dans 27 % des cas toutes variétés confondues. Lorsque l’on considère la sensibilité variétale, pour une variété peu sensible à la septoriose de type LG Absalon (note septoriose ≥ 6,5), la probabilité de valoriser le T1 est inférieure à 3 %. Et pour des variétés plus sensibles à la septoriose de type RGT Sacramento (note < 6,5), la probabilité de valoriser le T1 n’est que 30 %. Il en résulte que si l’on souhaite réduire notre dépendance aux produits phytopharmaceutiques, le T1 sur blé doit devenir une exception. La décision de supprimer le T1 ou non en cours de campagne doit prendre en compte la résistance variétale, et les indicateurs de risque agro-climatique avec l’appui du BSV (Bulletin de Santé du Végétal) et des OAD comme Septo-Lis®.

Ce qu’il faut retenir pour cette campagne 2020

• Traiter avant la dernière feuille étalée uniquement en présence de rouille jaune sur les variétés sensibles ou moyennement sensibles (note strictement inférieure à 7) ;
• Traiter en cas de développement précoce de la septoriose mais uniquement sur des variétés sensibles à moyennement sensibles (note inférieure à 6) ;
• Dans toutes les autres situations : intervenir au stade dernière feuille étalée.

Éric Masson, Élodie Quéméner/ Arvalis- Institut du végétal

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