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La silphie, une culture intéressante pour la méthanisation

La silphie débarque en Bretagne pour alimenter les méthaniseurs, une soixantaine d’hectares seront semés dès cette année.
Amédée Perrein, gérant de HADN, dans une parcelle de silphie en fin de floraison juste avant la récolte.

La silphie perfoliée est une plante de la famille des Astéracées, originaire des régions tempérées d’Amérique du Nord très répandue dans les États de l’est des USA ainsi qu’au Canada. Elle est aujourd’hui développée en Allemagne avec une surface de plus de 6 000 ha et une prévision établie à 8 500 ha pour 2020. « Cette plante commence à faire beaucoup parler en France et notamment chez les méthaniseurs. Une centaine d’agriculteurs en cultive dejà dans l’Hexagone. Pour cette année, j’ai déjà vendu de quoi semer l’équivalent de 60 ha en Bretagne et Pays de la Loire chez différents agriculteurs-méthaniseurs », indique Amédée Perrein, gérant de l’entreprise HADN basée à Saint-Étienne-Les-Remiremont (88), distributeur exclusif de la variété Abico Perfo en France. Cette variété est adaptée au climat breton en termes de précocité et de maturité.

Un coût de 1 800 €/ha à l’implantation

La silphie est une culture pérenne avec une durée d’exploitation connue d’environ 15 ans. mais qui peut aller au-delà puisque, selon Amédée Perrein, un agriculteur allemand en cultive depuis 37 ans. « La silphie est certainement la culture la plus rentable qui existe pour les méthaniseurs. Le retour sur investissement se fait en moins de 4 ans. Une fois implantée, la culture n’a que le coût de récolte, la fertilisation avec du digestat et une correction du pH si la terre est trop acide comme frais. Le coût d’implantation de la culture est de 1 800 €/ha incluant les semences de silphie et de maïs ainsi que l’engrais starter », estime le gérant de HADN. Le potentiel de rendement est compris entre 15 et 20 t de MS/ha pour un pouvoir méthanogène équivalent à 1 ha de maïs ensilage et une culture résistant mieux à la sécheresse. La production de biogaz est estimée à 330 m3/t de MS de silphie soit en moyenne entre 4 000 et 5 500 m3 de biogaz/ha.

Un intérêt écologique évident

La silphie se sème de mi-avril à début juin à la dose de 2,5 à 3 kg/ha à une profondeur de 0,5 à 1 cm avec un semoir monograine et un apport d’engrais starter phosphaté en ultra-localisé. La culture est désherbée chimiquement uniquement l’année du semis puis elle ne nécessite plus d’intervention phytosanitaire ensuite. Pour récolter une culture l’année d’implantation, la silphie peut être semée sous couvert de maïs. « Pour que la silphie ait assez de lumière, le maïs doit être semé à une densité comprise entre 50 000 et 75 000 grains/ha. Il faut aussi choisir une variété à port de feuille dressé pour laisser passer un maximum de lumière », conseille Amédée Perrein. La silphie est récoltée à l’aide d’une ensileuse équipée d’un bec Kemper entre la mi-août et fin septembre, les plants mesurent alors entre 1,80 m et 3,50 m.

Le gérant d’HADN insiste aussi sur le côté écologique de cette culture : « L’absence de travail du sol participe à fixer du CO2, il n’y a plus besoin de traiter chimiquement, la culture abrite une grande biodiversité. Les grandes fleurs de 6 à 8 cm, d’un jaune lumineux, attirent les abeilles. Une disposition de ruches aux abords des parcelles permet une production de 150 Kg/ha de miel. » Preuve de son intérêt écologique, l’agence de l’eau Rhin-Meuse finance en totalité l’implantation de cette culture dans les parcelles faisant partie d’une zone de captage d’eau. Autre avantage vérifié : pour lutter contre les dégâts de sangliers, certains agriculteurs sèment de la silphie dans les parcelles aux abords de forêt car ils ne s’aventurent pas dans cette culture du fait de sa densité.

Une plante riche en protéine
« La silphie est une plante riche en protéine, nous y voyons donc un intérêt chez les éleveurs qui recherchent l’autonomie protéique. Nous réalisons des essais en production laitière et en allaitant », confie Amédée Perrein. Mais il ne divulgue aucun résultat pour le moment. En réalisant une récolte mi-juin et une deuxième mi-septembre, la culture perd en rendement mais gagne en appétence et en digestibilité pour les vaches laitières. « Nous testons une ration avec 50 % de silphie et une autre avec 1/3 de silphie mélangée avec 1/3 de maïs et 1/3 d’herbe. »
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8 commentaires

  1. je possède quelques ruches,je suis particulier et je vou drais semer la silphie sur une surface environ d’un are.
    comment est-il possible d’avoir cette semence .
    cordialement.

    1. Bonjour non absolument pas ce ne sont pas des rhizomes sur cette variété une sélection de semence à été faites pour régler ce problème ! La variété ABICA PERFO que nous commercialisons est garantie non invasive .
      La plante pousse naturellement au nord ouest des États Unis elle a été importée par les russes dans les années 1800 en tant que plante médicinale c’est seulement dans les années 1970 que les allemands ont commencé à s’y intéresser en élevage et par la suite en methanisation . En revanche je ne s’aurai vous dire si les USA ont avancé sur le faite d utiliser la silphie en Metha !
      n’hésitez pas à prendre contact :
      HADN
      PERREIN Amédée
      Gérant
      0688600149

      1. M.Perrein,
        Juste pour vous informer que ce monsieur Chateigner s’est improvisé spécialiste nationale de la méthanisation (c’est un prof de physique de la Fac de Caen qui a, à mon avis, pas assez d’heures de cours et qui a donc le temps de faire du prosélytisme anti-Méthanisation afin d’emmerder ceux qui avancent) . Ce monsieur se dit pour la méthanisation dans les petites fermes (encore un réflexe kolkhozien) Mais dès qu’il y a des projets collectifs il est contre…d’ailleurs il est contre toutes les méthanisation dès qu’il y a un projet, il est contre le fait de cultiver des cives (je ne vous dis donc pas pour les cultures principales). Ce monsieur a d’énormes lacunes agronomiques, (il pense que nous exportons le carbone endémique du sol et il oublie le principe de photosynthèse). Cependant il fait des réunions publiques en Normandie ‘(pas que d’ailleurs) afin de démonter tous les projets. Un vrai prof qui n’est pas habitué à la contradiction et qui a donc toujours raisons. Je voulais juste vous informer de ne pas perdre de temps à lui répondre il sera tôt ou tard en total opposition avec vous et avec des gens comme moi. Bien cordialement Signé Un Energiculteur.

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