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Lait bio : Maïs/soja ou herbe en hiver ?

La production de lait biologique en hiver avec une ration corrigée par du soja est rentable, mais pose la question de l’autonomie fourragère de la ferme.

Produire du lait biologique en période hivernale demande de faire des choix stratégiques : faut-il s’orienter vers une ration à base de maïs corrigée par du soja bio, coûteux, ou plutôt opter pour l’autonomie maximale avec des fourrages exclusivement produits sur la ferme ? Pour répondre à cette question, la station expérimentale de Trévarez (29) a comparé les conséquences techniques et économiques de ces rations sur 75 laitières et pendant un essai de 3 mois.

Cuisine du monde et soja

Sur le protocole nommé « Cuisine du monde », un lot de vaches de la station a reçu 5 kg MS d’ensilage de maïs, de l’ensilage d’herbe à volonté, ainsi qu’1 kg de céréales distribué au robot de traite. Cette ration de base a été, soit complémentée par 3 kg de mélange céréalier humide à l’auge, soit par 2 kg de ce même mélange additionné d’1 kg de tourteau de soja au robot. « Le coût alimentaire s’est dégradé pour atteindre 90 €/1 000 L (avec un tourteau de soja à 915 €/t), mais l’équilibre PDI /UFL est meilleur avec le soja (85 contre 77) », observe Elodie Tranvoiz, conseillère à la Chambre d’agriculture. Sur la période d’essai, chaque vache a produit 5 kg de lait supplémentaire par jour. La marge sur coût alimentaire avec ces 75 animaux a augmenté de 12 554 €. Cet apport de soja bio produit du lait de façon rentable, avec un arrière-effet positif « pendant 2 semaines de 2,8 kg de lait supplémentaire produit /VL/j, après arrêt de distribution de soja ». Cet arrière effet s’explique par des laitières qui perdent moins d’état corporel.

En comparaison à cette ration, un menu à base de 5 kg de maïs ensilage, de 3 kg de maïs grain humide et de 900 gr de céréales au robot a été complémenté, soit par de l’ensilage d’herbe classique, soit par de l’ensilage d’herbe de récolte précoce.

Ensilage… et ensilage

Un ensilage d’herbe fauchée précocement affiche des valeurs UFL de 0,87 pour 70 gr de PDIE, contre 0,84 UFL et 61 gr de PDIE pour un ensilage classique. Cette fauche précoce composée d’un mélange de ray-grass hybride et de trèfle violet réalisée au stade début montaison, respecte un intervalle entre les fauches de 4 à 5 semaines. La comparaison de ces 2 modes d’exploitation montre un avantage à la fauche précoce, avec une augmentation de l’ingestion de 4,2 kg MS/VL/jour. « La SFP doit donc être raisonnée ; sur cet essai de 75 vaches, la consommation de fourrage supplémentaire s’élève à 33 tonnes », chiffre Élodie Tranvoiz. « Cette ration préserve l’autonomie alimentaire de la ferme à condition de constituer suffisamment de stocks ». La marge sur coût alimentaire entre ces 2 rations affiche un gain de 10 358 € avec 75 vaches et sur 3 mois. 

Autonomie ou importation
Si dans cet essai l’avantage penche économiquement vers la ration corrigée par du soja, Valérie Brocard, ingénieure à l’Idele, pose la question de l’origine de cette protéine. « Le soja biologique coûte cher et provient très souvent de Chine ou d’Ukraine », rappelle-t-elle. Ces apports de soja se font au détriment de l’autonomie alimentaire de l’exploitation, et certaines laiteries refusent dans leur cahier des charges d’introduire le soja pour corriger le niveau énergétique de la ration.
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