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Refaire ses pâtures avec un colza fourrager

Jean-Luc Lossec utilise le colza fourrager pour refaire ses vieilles pâtures. Les surfaces accessibles ne sont ainsi pas pénalisées.

Jean-Luc Lossec refait ses pâtures toutes les 6 années environ, « quand elles deviennent moins productives et quand elles se salissent ». Plutôt que de retourner ces parcelles d’herbe pour réimplanter un mélange ray-grass anglais / trèfle blanc, l’agriculteur de Plouguerneau passe par la case colza fourrager / ray-grass d’Italie. Ainsi, les fourrages pâturables sont accessibles toute l’année aux 65 vaches laitières qui composent le troupeau.

Pâturage à partir de mi-octobre

Pour cette saison, « j’ai réalisé un dernier cycle de pâturage supplémentaire en été. J’ai préféré attendre le retour de conditions plus humides en août pour semer un colza fourrager en pur, pour pouvoir le faire pâturer entre la mi-octobre et la mi-novembre. Je n’ai pas associé le colza à un RGI, j’ai estimé qu’il était trop tard pour semer cette graminée ». Les animaux pâturent de l’herbe en journée, puis reçoivent un peu de maïs quand elles rentrent en bâtiment. Depuis 15 jours, le troupeau bénéficie de ce fourrage de colza pendant la nuit. L’éleveur conduit ces parcelles au fil avant et juge à l’œil les refus. « J’avance le fil de 5 m, je réduis cette distance quand je constate qu’il y a trop de pertes ». Pour arriver à 4 kg de colza par vache, Odile Le Du, conseillère à la Chambre d’agriculture, préconise « de prévoir 20 m2 de disponible par vache, à moduler suivant la hauteur du colza ».

La qualité d’une herbe de printemps

« Le colza fourrager affiche une valeur alimentaire équivalente à une herbe de printemps », rappelle Catherine Lucas, conseillère à la Chambre régionale d’agriculture. « 4 kg de colza fourrager permettent l’économie de 700 grammes de correcteur azoté », poursuit-elle, lors d’une journée de présentation de cette technique organisée par la Chambre d’agriculture et la Communauté Lesneven Côte des Légendes. Pour rappel, un colza fourrager affiche des valeurs alimentaires de 0,91 UFL, pour 124 grammes de PDIN et 97 grammes de PDIE.

Semis d’herbe en mars

Le fait de refaire une partie de ces pâtures tous les ans donne à Jean-Luc Lossec une sécurité pour son stock fourrager. « En été et en cas de conditions sèches, j’ai toujours de jeunes pâtures accessibles qui donnent très bien, quand les vieilles parcelles souffrent du manque d’eau ». Ce colza fourrager implanté en août ne produira plus beaucoup de biomasse. « Il ne va plus pousser, même si de nouvelles feuilles apparaissent là où les vaches sont déjà passées ». Le pâturage du colza se terminera en janvier prochain, le semis de la nouvelle pâture (RGA / TB et trèfle hybride) est programmé pour mars 2020, pour une première exploitation en juin.

Pas de labour pour l’implantation
La destruction de l’ancienne pâture est réalisée par le passage d’un rotalabour, les chiendents présents cette année ont été éliminés à l’aide d’un désherbant total. « Je n’emploie pas systématiquement de glyphosate », explique Jean-Luc Lossec. Un passage de griffon aère ensuite la terre, la préparation du sol se termine par une herse rotative. Le colza fourrager est semé à la volée. « Pour garder de la portance, je préfère éviter de labourer ». La crucifère est semée à raison de 8 kg / ha. « C’est un fourrage économique, la graine coûte dans les 3 € / kg », chiffre l’éleveur.
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