Élevage

Déléguer l’alimentation des chèvres à un robot

Avec l’investissement dans un robot de distribution de l’alimentation, Valérie et David Marin se sont libérés de 3 heures d’astreinte par jour.

L’installation de David Marin en 2013 a coïncidé avec la création de quatre poulaillers Label de Janzé. « C’était comme une suite logique, cela nous permettait de continuer à travailler avec des filières locales », décrit-il. Tout comme sa femme Valérie qu’il a rejoint sur l’exploitation l’avait fait en 2002, en s’installant avec 200 chèvres avec la laiterie Triballat. Atelier caprin qui s’était entre-temps agrandi à 350 chèvres et qui a ouvert ses portes pour une journée technique organisée par Terrena, jeudi 7 novembre.

Deux heures par semaine pour alimenter la cuisine

Après la traite, l’alimentation est le gros bloc exigeant en temps de travail au quotidien sur un élevage de chèvres. L’élevage avait déjà investi dans un distributeur mobile automatique de concentrés sur rails en 2009. Restait la gestion des fourrages. Avec l’investissement dans un Lely Vector en mars 2018, les deux éleveurs ont réussi à se libérer du temps de travail et à diminuer la pénibilité pour cette distribution des fourrages. Un bilan positif pour le Gaec Les caprines des fées : « Il nous faut 2 heures de travail par semaine pour alimenter la cuisine, lieu de stockage de tous les aliments, au lieu de 3 heures de distribution par jour auparavant… ». L’investissement est conséquent : 200 000 €, dont 140 000 € pour le bol Lely et les grappins, mais nécessaire pour répondre aux besoins de main-d’œuvre sur les 2 ateliers. « Nous ne disposions pas de bâtiment disponible de 108 m2 proche de la chèvrerie pour la cuisine, il a donc fallu le construire. »

Valérie et David Marin, dans leur chèvrerie de 350 Alpines à Coesmes (35).

Du rodage pour le réglage

Introduit dans l’élevage en période de tarissement, « les chèvres se sont très vite habituées à l’outil », rapporte Valérie Marin. Mais il a fallu aux éleveurs plus de temps pour caler les rations. « Avec le passage d’une ration rationnée à une ration mélangée, l’ingestion des chèvres a augmenté. La ration n’était pas assez concentrée en énergie, nous avons perdu en productivité », explique l’agricultrice. Le Vector distribue à volonté. Il passe toutes les heures dans l’aire d’alimentation distribuer la ration, en fonction du scan des quantités de refus dans les auges.

« L’animal trie moins, mais il faut couper finement les fibres. Aussi, avant bottelage, je coupe les fibres à une longueur de 3-4 cm au rotocup : une longueur qui correspond à la largeur de la gueule de la chèvre… », décrit David Marin. Il poursuit : « La première année, je n’enlevais pas les refus. Un tort. Maintenant, c’est chose faite tous les deux jours, pour forcer le robot à remettre du fourrage frais. » Aujourd’hui, le rodage est terminé. L’élevage a retrouvé sa productivité laitière moyenne des années précédentes, de 1 040 kg/chèvre/an. « Ne reste plus qu’à optimiser les rations pour étudier une possible augmentation en production laitière… », ajoutent les éleveurs.

Un agrandissement et une embauche pour 2020
« Nous allons pouvoir profiter de la capacité du robot de distribution à soigner plus d’animaux », se projettent Valérie et David Marin. Un agrandissement est prévu pour 2020. L’atelier chèvre devrait passer à 500 chèvres pour diluer les charges fixes de l’exploitation liées à ce dernier investissement. La construction d’une nurserie, isolée, permettra de loger l’effectif croissant de chevrettes pour l’auto-renouvellement. Un projet d’embauche fin 2020 devrait aussi renforcer la main-d’œuvre disponible pour ces deux ateliers afin de maintenir de bonnes performances techniques. « Le bloc traite sera peut-être à revoir à terme, mais ce n’est pas encore prévu dans les investissements. »
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