Élevage

Porc : Quelle solution pour sauver les queues ?

L’arrêt prochain de la caudectomie ne fait plus de doute. L’enrichissement du milieu peut être une solution pour limiter le cannibalisme.

Les causes du cannibalisme sont multi-factorielles. L’ambiance dans les salles, le parasitisme, la densité sont des facteurs qui peuvent déclencher des morsures entre individus. La mise à disposition de matériaux ‘mâchouillables‘ peut canaliser l’agressivité des porcs. « C’est une question d’équilibre », indique Valérie Courboulay, de l’Ifip. « L’élevage sur caillebotis n’entraîne pas systématiquement des morsures et l’élevage sur paille ne garantit pas l’absence de cannibalisme ». Pour autant, la présence de paille atténue le risque. Elle pose la question de sa distribution, pas évidente dans des élevages qui ne sont pas conçus pour cela.

Râteliers

« Actuellement, nous testons 5 systèmes : l’apport de paille (brins courts) en râtelier, le nourrisoupe qui apporte de la paille, la pieuvre en bois accrochée au sol (3 rectangles de 17 cm x 5 cm x 5 cm, attachés à une chaîne), des tuyaux en plastique et des chaînes. Les 2 éléments les plus attractifs pour les animaux sont le râtelier paille et la pieuvre ». L’apport de paille est testé dans des engraissements avec lisier flottant (eau en fond de fosse à l’entrée des animaux) pour faciliter l’évacuation. Le lisier flottant permet également de diminuer les rejets d’ammoniac. Pour l’apport de paille en râtelier, se pose le problème de la conception d’un système de distribution automatique. Les pieuvres en bois de chêne sont dimensionnées pour la durée d’engraissement. En post-sevrage, le bois doit être moins dur et les morceaux plus petits pour être attractifs. Quoi qu’il en soit, l’arrêt de la coupe des queues demandera un temps de travail et d’observation supplémentaire pour les éleveurs. Dans les bâtiments neufs, il est conseillé de placer des tuyaux d’évacuation du lisier de plus grosse dimension de manière à anticiper un changement de réglementation.

Une enquête de terrain en cours...
Une enquête est en cours, qui sollicite éleveurs, vétérinaires et techniciens, pour identifier les facteurs de risque de développement du cannibalisme. Elle s’appuie sur un outil développé en Allemagne ; un questionnaire sur la conduite d’élevage, la santé, l’alimentation, le bâtiment… Les éleveurs intéressés pour y contribuer peuvent contacter l’Ifip.
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