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“Nous avons été entendus”

Tribune

Paul Auffray, nouveau président de l’Ifip, a évoqué la peste porcine africaine lors d’un débat à l’assemblée générale du groupement Porc Armor Evolution.

Je suis un peu amer en constatant la hausse des effectifs de sangliers en France. J’ai été l’un des premiers à la dénoncer mais les autres maillons de la filière et les pouvoirs publics ne voulaient pas comprendre. On sait pourtant, depuis longtemps, que des épidémies véhiculées par la faune sauvage sont possibles. J’avais également demandé la suspension des importations de sangliers, notamment de Pologne. Là encore, la demande a été refusée. S’il y a un sujet qui devrait pourtant faire consensus, c’est celui de la protection contre le virus de la fièvre porcine africaine. Le sanitaire est un vecteur de rentabilité économique qui implique des efforts à la production mais aussi au niveau du transport.

Paille, silos couloirs….

Nous devons garder de bons contacts avec les chasseurs. Ils doivent être nos alliés dans la lutte pour la protection sanitaire de nos élevages en maîtrisant la faune sauvage. il faut savoir qu’en Pologne, par exemple, la paille, dans laquelle vont se coucher les sangliers (au champ), a été l’un des principaux vecteurs du virus de la FPA. Les silos couloirs en sont un autre et, d’une manière générale, tous les intrants. Les Belges ont plutôt bien travaillé. Nous avons craint un relâchement des autorités mais il semble que ce ne soit pas le cas. Le virus remonte vers le Nord (via la faune sauvage), ce qui devrait, pour nous, être une bonne nouvelle mais il évolue dans un massif montagneux qui est un prolongement d’un massif français. La vigilance s’impose…

6 millions d’€uros

En France, la profession est enfin écoutée. Le changement de ministre a été bénéfique. Il est important de pouvoir travailler avec l’Administration pour la gestion de la faune sauvage, la mise en place de clôtures, de zones tampons… Les pouvoirs publics ont mis 6 millions d’euros pour développer une politique de protection ; Inaporc abonde à hauteur de 500 000 euros (plus 500 000 euros supplémentaires prochainement). Le principe de régionalisation est en bonne voie de reconnaissance par la Chine. Les formations obligatoires à la biosécurité sont basiques mais ont le mérite de faire prendre conscience aux éleveurs de la nécessité absolue d’adopter les bonnes mesures sanitaires. Personnellement, j’ai un site d’engraissement que je rénove actuellement. Je vous assure que les investissements concernant le sanitaire passeront avant ceux liés au bien-être animal.

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