Economie, marchés et gestion

Revenu en viande bovine : Réfléchir les charges de structure

Pour obtenir du revenu en viande bovine, dégager de bonnes marges brutes est essentiel. Maîtriser les charges de structure l’est aussi.

Le résultat courant des exploitations spécialisées en vaches allaitantes pour les clôtures comptables allant d’octobre 2017 à septembre 2018 diminue pour la deuxième année consécutive en système naisseur-engraisseur, et reste inférieur au Smic en système naisseur. Pourtant, les marges brutes s’améliorent un peu avec des prix de vente qui se maintiennent sur la période, mais les charges de structure augmentent.
Le quart des élevages les plus performants* dégage deux fois plus de revenu par exploitant que la moyenne. Ramené par vache allaitante, l’écart de revenu entre la moyenne et le quart supérieur approche 310 € par vache chez les naisseurs et 260 € par vache chez les naisseur-engraisseurs, en moyenne sur 5 ans. L’analyse des résultats de ces exploitations rentables économiquement fournit des pistes de réflexion.

Maîtriser la technique

Les produits expliquent un tiers des écarts. Le nombre d’animaux produits par vache est primordial. Il est le reflet d’une bonne gestion de la reproduction, de peu de pertes d’animaux, et donc d’une bonne situation sanitaire. Il dépend aussi de la vitesse de croissance des jeunes. On constate assez peu d’écart sur les prix de vente.
Les écarts de charges opérationnelles atteignent plus d’un tiers de la différence de revenu en système naisseur-engraisseur. Ils portent sur les aliments achetés, les intrants sur fourrage et les frais vétérinaires. Les écarts sont un peu plus faibles en système naisseur. Ces exploitations plutôt extensives, avec seulement 9 % de maïs dans la surface fourragère, nécessitent moins d’intrants sur fourrage, moins d’achats d’aliment que lorsque les jeunes sont engraissés.

Planifier les investissements

Quel que soit le système de production, les écarts de charges de structure représentent 35 % des écarts de revenu, et portent surtout sur la partie mécanisation : amortissement du matériel, carburant, entretien.
Les exploitations de viande bovine peuvent viser un meilleur produit en travaillant la conformation des animaux, l’état d’engraissement, la commercialisation. La rentabilité passe aussi par la maîtrise des charges opérationnelles et de structure. Concernant les charges de structure, il convient de planifier les investissements sur plusieurs années, en privilégiant les investissements prioritaires, notamment la contention des animaux pour assurer la sécurité des travailleurs.

Pascale Van Belleghem / Cerfrance Finistère

*La performance économique est mesurée par trois critères : le taux de marge sur produit, le taux de résultat avant main-d’œuvre, et le résultat courant par UTH exploitant

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