Cultures

Les semis de maïs bio se préparent dès maintenant

Le désherbage mécanique est une opération curative. Sa réussite dépend de la préparation préventive réalisée en amont, notamment les faux semis.

Une partie de la ferme de Kerguéhénnec est en agriculture biologique depuis plusieurs années. Les labours préparant l’implantation du maïs y ont été réalisés le 15 mars. Un passage de rouleau Cambridge a été effectué « au moment où la terre commençait à blanchir un peu ». Ensuite, deux passages de vibro compléteront la préparation du sol avant un passage de herse étrille en pré-levée, en diminuant la profondeur à chaque intervention pour ne pas remonter de graines. Autant de faux semis bénéfiques à la culture suivante. « Ces nombreuses interventions sont nécessaires en système grande culture. Mais la vitesse des chantiers est rapide », indique David Méallet, responsable cultures sur la ferme expérimentale. « Le passage du vibro n’est pas très coûteux. Les dents droites peuvent être préférables pour éviter les remontées de cailloux ». Les deux mois entre le labour et le semis laissent le temps nécessaire pour intervenir, avec suffisamment de fenêtres météo favorables. En système d’élevage bovin, la présence de prairies dans la rotation facilite la gestion du salissement et limite les passages d’outils.

Semis dense et profond

Le semis doit être dense (105 à 110 000 grains/ha pour anticiper un peu de perte au moment des passages d’outil de désherbage) et profond. À Kerguéhennec, le maïs conventionnel est semé fin avril. Le maïs bio, pas avant le 15 mai pour une germination et une montée rapide. Quelques jours après, un nouveau passage de herse est indiqué, avant la levée. « Il est possible de passer la herse au moment où le maïs pointe, avec moins d’agressivité et moins de vitesse de chantier. Jusqu’au stade trois feuilles, la plante est souple et supporte le passage d’outils ». Ensuite le binage maintiendra la propreté des parcelles. « À condition de ne pas travailler trop en profondeur, ce qui peut remonter des graines d’adventices qui se développent en fin de culture quand elle laisse passer la lumière ». Et d’avoir les bonnes fenêtres météo.

Différents socs de bineuses (et dents de herses) étaient présentés dans l'atelier. À gauche, une ailette a été installée derrière un soc pour butter légèrement le rang lors du binage.
Différents socs de bineuses (et dents de herses) étaient présentés dans l’atelier. À gauche, une ailette a été installée derrière un soc pour butter légèrement le rang lors du binage.
Avec quel outil ?
La herse étrille est l’outil de base du désherbage mécanique, quelle que soit la culture. Son réglage assez fin permet d’être efficace sur la culture en place. « Il ne faut pas avoir peur d’être agressif (tensions des dents et vitesse de chantier) quand la culture est bien implantée. Les meilleurs résultats sont obtenus quand on a eu peur pour les jeunes plants », assure Davis Méallet, qui conseille de ne pas hésiter à faire un passage de plus. « Quand on hésite (fenêtre météo), le mieux est d’intervenir… », dit-il du haut de ses treize années d’expérience sur la station. Il a moins de recul sur le travail de la roto-étrille, en démonstration à Kerguéhénnec l’an dernier.

« Elle est intéressante en pré-levée : 100 % de la surface est traitée mais elle ne peut pas intervenir à un stade avancé de la culture (moins que la herse). De plus, sa vitesse maximale est de 7-8 km/h quand la herse étrille peut être utilisée à une vitesse de 10-12 km/h ». La houe rotative a son utilité, surtout pour casser les croûtes de battance. « C’est une écroûteuse pas vraiment conçue pour désherber, sauf en pré-levée. Elle ne rentre pas beaucoup dans le sol, contrairement à ce qu’on imagine en la voyant ».

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