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Un coup de foudre pour l’élevage porcin

Les femmes en agriculture

Estelle, ingénieure agricole de formation, est depuis 24 ans au service des éleveurs de porc.

C’est durant un stage en deuxième année de 16 semaines sur une exploitation laitière avec un atelier d’engraissement à façon qu’Estelle découvre la production porcine. Elle a été atteinte d’un réel coup de foudre pour cet animal. Aujourd’hui, avec du recul, elle regrette que les formations agricoles soient plutôt orientées sur l’élevage bovins/vaches laitières, la production porcine y est souvent survolée et présentée principalement à travers la filière porcine et non pas l’élevage.

En octobre 1995, après une expérience professionnelle de 6 mois dans un élevage de 900 truies, Estelle est embauchée comme conseillère spécialisée en production porcine à la Chambre d’agriculture des Côtes d’Armor, qu’elle n’a pas quittée depuis. « Je n’ai jamais senti un jugement quelconque de la part des éleveurs sur le fait d’être une femme dans ce métier qui, à cette époque, était plus masculin. Les éleveurs de porcs sont très ouverts et leur objectif est que leurs animaux soient bien, en bonne santé et élevés dans les meilleures conditions possible : que ce soit une femme qui les aide à atteindre ses objectifs, pour eux, cela ne fait aucune différence. »

Faire évoluer ses pratiques

Être éleveur de porcs aujourd’hui demande des compétences multiples. Aussi, la volonté d’Estelle est d’identifier toutes les pratiques favorables pour répondre à une pression technique et économique de plus en plus forte sur ces éleveurs de porcs. Elle reste un partenaire complémentaire de l’accompagnement des structures auxquelles ces éleveurs et éleveuses adhèrent.

Si l’objectif d’Estelle est que chaque éleveur qui veut faire évoluer ses pratiques s’épanouisse dans son élevage en améliorant ses résultats dont dépendent directement ses revenus, elle replace par son aisance relationnelle, toujours l’humain au centre de ses préoccupations : « Pour moi, l’éleveur a une vie professionnelle certes mais aussi familiale. Maintenir un équilibre personnel entre les deux est indispensable. C’est pourquoi j’essaie toujours, si je dois proposer une nouvelle façon de faire, d’enlever, de réduire ou de réorganiser une autre tâche. »

Accompagner les hommes et les femmes, éleveurs, une priorité
Estelle réalise des suivis individuels d’élevage par le biais de la GTE, intervient dans des formations en école (CS ou ingénieur) et participe à des études de la recherche appliquée. Elle anime aussi deux groupes d’éleveurs de porcs sur l’est du département, qui se réunissent cinq fois par an sur des thématiques choisies, technico-économiques ou stratégiques. Chaque préparation de réunion lui demande des recherches spécifiques afin de répondre aux exigences des éleveurs qui visent à optimiser la rentabilité de leur structure : les résultats d’expérimentations servent de base et l’analyse des critères techniques GTE/ GTTT donne lieu à des partages et des réflexions. L’expérience et le sens de l’observation de terrain de ces hommes et femmes, éleveurs, rappellent que la théorie n’a pas la science infuse. « Je sais bien qu’un éleveur va écouter plus vite ce que lui dit un autre éleveur que son technicien ! », dit Estelle sous forme de boutade.

Josiane Méhouas, éleveuse de porc à Fréhel (22)

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