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Les crucifères ont souffert de l’hiver

La campagne passée n’a pas été à la hauteur des espérances pour les responsables de la Sica de Saint-Pol-de-Léon (29). La grande famille des choux a souffert du froid tardif de la fin février.

La famille des crucifères a dans l’ensemble souffert sur la campagne 2017/2018. Les responsables de la Sica de Saint-Pol-de-Léon ont dressé le tableau de cette campagne, bien souvent décevante suivant les légumes, lors de l’assemblée générale de la coopérative qui s’est tenue samedi 16 mars. Les cultures n’ont pas bénéficié d’une concordance de températures basses et de pics de consommation. Cela a été le cas pour les choux-fleurs, avec « des prix qui plafonnaient. On ne décollait pas des 2,5 €/colis », chiffre Jean-Michel Péron, secrétaire général. En 20 ans, le volume de production couvert par la Sica a été divisé par 4, passant de 200 millions de têtes produites il y a 20 ans à 49.

Une des explications de cette forte baisse de volume est à chercher du côté de l’Espagne, qui « a connu des déboires en brocolis, et a fortement misé sur le chou-fleur, en contractualisant avec les acheteurs allemands ». Le chou-fleur « a du mal à être rémunérateur », conçoit Marc Keranguéven, président de la Sica, car « le prix de vente devrait s’établir à 60 centimes par tête pour que les producteurs puissent gagner leur vie. Il n’est hélas, pour cette campagne 2017/2018, qu’à 49 centimes ».

Côté romanesco, 162 tonnes ont été réalisées sous contrat, avec « des prix supérieurs à l’année précédente. C’est un produit qui fait peu de bruit, mais qui se développe », note le président de la coopérative. Les saisons de récolte s’allongent, grâce à des variétés de novembre et de décembre, ainsi que le développement de variétés de printemps. La demande est tirée par l’Italie, en calibre moyen, alors que la France est plus friande de gros calibre, équilibrant ainsi la demande.

Le froid de mars a perturbé les cultures

L’absence de froid durant le mois de décembre 2017 n’a pas poussé les consommateurs à acheter des choux pomme. « Les producteurs ont alors essayé de stocker les légumes au champ, mais le froid de la fin février a fortement dégradé les feuillages », se souvient Jean-Michel Péron.
Les brocolis ont aussi souffert de ces conditions météorologiques froides : « Il était impossible de planter ces brocolis à la fin février. Ces retards de mise en culture ont engendré des récoltes groupées en fin juin. Fort heureusement, nous avons sorti 300 t pour la surgélation ». Une pression d’alternaria « difficile à comprendre, explique aussi des volumes en baisse, passant de 4 700 à 4 000 tonnes ». Les brocolis font aussi leur entrée dans la gamme Nature et Saveurs, « sans utilisation de produits phytosanitaires, dès le départ de la culture ». Si 13 producteurs sont engagés dans la démarche, l’équipe dirigeante est pour l’instant déçue par le développement du produit. « Nous travaillons sur le référencement, il faut que le produit trouve sa place dans les linéaires ». 50 tonnes ont été vendues, sur un total de production de plus de 4 000 tonnes. Cette nouveauté est destinée à répondre à la demande sociétale, « par une agriculture plus durable », conclut le président.

Vilargren abouti
Le projet de station de Vilargren reprend, suite à un gain de cause obtenu devant les tribunaux, en octobre dernier. Cette plate-forme logistique devrait être opérationnelle d’ici à 2021. Vilargren a pour objectif de « limiter les coûts de transports, et apporte de nouvelles perspectives aux producteurs », explique Marc Keranguéven. Ainsi, des transferts de pallox entre dépôts deviendront plus simples à gérer, et permettront de faire aboutir de nouveaux projets, comme des installations de jeunes.
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