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Maïs : soigner ses pratiques agronomiques

L’interdiction des néonicotinoïdes, qui assurait une bonne protection des maïs contre les ravageurs de début cycle, va nécessiter d’utiliser tous les leviers disponibles pour assurer la réussite du maïs. L’agronomie sera donc indispensable.

Jusqu’en 2018, les maïs pouvaient être protégés des ravageurs de début de cycle par le traitement de semence Sonido. Il présentait de bonnes efficacités sur taupins et mouches : oscinies et géomyzas. À partir de ce printemps, les solutions se font plus rares et surtout moins complètes.

Risque taupins…

Dans les parcelles où un risque taupin est identifié, un microgranulé insecticide pourra être positionné (Fury Géo, Trika Expert + ou Bélem). Son efficacité sera très dépendante de son positionnement. En effet, ces produits fonctionnant tous par contact et ingestion, ils doivent être répartis de façon homogène dans la ligne de semis. Pour cela, l’utilisation d’un diffuseur est indispensable, et son bon positionnement conditionnera l’efficacité des microgranulés. Le dernier traitement appliqué à la semence présent sur le marché à ce jour, ne présente quant à lui que des efficacités très faibles et aléatoires sur taupins.

Risques mouches…

Aucune solution du marché n’apporte une efficacité réelle et régulière sur oscinies et géomyzas, tant en microgranulé qu’en traitement de semences. Il n’y a d’ailleurs plus aucun produit homologué sur cette cible.

Revenir aux b.a.-ba de l’agronomie

En l’absence de solutions chimiques, les fondamentaux re-deviennent essentiels. Le « bon état » du sol est un bon levier. Il doit permettre à la culture d’arriver le plus rapidement possible au stade 8 feuilles, stade auquel le maïs devient moins sensible aux ravageurs. Cet état se caractérise par un bon pH et surtout du calcium échangeable en quantité suffisante, une structure de sol optimale, un ressuyage suffisant et une température minimale de 10°C au moment du semis. La date de destruction des couverts, tout comme les dates d’apports d’effluents organiques impactent aussi fortement la vigueur de maïs en début de cycle.

Un semoir bien réglé

Outre l’utilisation d’une variété à bonne vigueur de départ, le bon réglage du semoir conditionnera lui aussi le démarrage de la culture. Par exemple, le bon positionnement des engrais starter va permettre une bonne disponibilité des éléments fertilisants aux racines des plantules. Positionné trop profondément et/ou trop loin, l’engrais ne sera pas accessible pour les racines et donc mal valorisé. Il en est de même pour les microgranulateurs qui doivent être démontés pour bien vérifier qu’ils ne sont pas bouchés et qu’ils permettent une distribution régulière.

En ce qui concerne les éléments semeurs, l’usure des disques, le bon réglage des sélecteurs ou encore l’usure des socs semeurs, doivent être vérifiés pour avoir un positionnement idéal des graines dans la raie de semis. Les doublons et manques altéreront très rapidement le potentiel de la culture. Des animations réglages semoirs sont organisées dans les magasins Triskalia pour sensibiliser sur ces différents points.

Lutte alternative

D’autres solutions de lutte sont actuellement en test pour vérifier leur efficacité et la stabilité de leur performance dans le temps. Des céréales implantées comme leurres en même temps que les maïs semblent être une bonne piste de travail pour la protection contre les taupins. Cependant, cette technique ne doit pas mettre à mal le désherbage de la culture du maïs. Des affinements de préconisations sont donc en cours. La météo sera elle aussi très impactante sur la rapidité de pousse des maïs et donc sur sa capacité à arriver rapidement à son stade de moindre exposition, comme cela s’est produit sur le printemps 2018.

Pierre Cougard / Triskalia

Agrément de distribution de produits phytopharmaceutiques à des utilisateurs professionnels n°BR00166

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