Cultures

En guerre contre le vide grâce aux fleurs

L’agriculteur québécois, Sébastien Angers, introduit de nombreuses espèces de couverts dans ses cultures, en lieu et place des adventices. Il sème aussi des cultures en billons. Partage d’expériences.

Sébastien Angers est un agriculteur québécois qui part du principe simple que la nature a horreur du vide. Pour lutter efficacement contre l’enherbement de ses parcelles, il a pour habitude de semer différentes plantes qui couvrent le sol. Adepte des techniques culturales simplifiées et du semis direct, il est intervenu lors d’une journée organisée par l’association Base, au Gaec Bio-Yvel, ferme laitière et avicole à Mauron (56). « La ferme est en bio depuis 50 ans », explique Patrice Le Callonnec, associé avec son épouse, Claudine, et ses 2 fils, Émilien et Valentin. Un quart de l’exploitation est implantée en semis direct, « pour limiter l’érosion des sols et les grosses quantités de terre qui arrivent dans les lagunes ». En parallèle de ce parcours aboutissant vers un sol vivant, Sébastien Angers a apporté sa vision des rotations et de l’agronomie.

Utiliser toutes les familles de plantes à fleur

Lors de son installation, la première décision du jeune Québécois a été de vendre la charrue, afin « d’inonder les champs avec des fleurs, car je suis en guerre contre le vide ». Ces différents couverts permettent selon le producteur de « limiter la compaction qui fait perdre le premier ingrédient du sol, à savoir l’oxygène. Il sera ensuite très difficile de le récupérer ».

Sur son exploitation outre-Atlantique, il sème des couverts issus de la même famille que les adventices. Contre l’ambroisie (astéracée) qui coloniserait ses cultures, il choisit de combler l’inter-rang avec du carthame. Des sétaires (graminées) envahissent les champs ? Le Québécois répond par un semis de millet. Et l’agriculteur espère bien cartographier les plantes qui, entre elles, sont complémentaires. « On utilise souvent des associations graminées/légumineuses. Or, comme en escalade, il faut 3 points d’appui pour reste en équilibre ». L’introduction d’autres familles comme des crucifères ou les caryophyllacées est alors une piste à envisager.

Des cultures sur billon

Inspiré par une technique américaine, Sébastien Angers choisit ensuite d’implanter ses couverts, puis ses cultures sur billons évasés. « La température de la terre est 4 à 5 °C plus élevée, je n’ai plus de compaction dans les zones de culture ». Un développement des mycorhizes est aussi favorisé, les mauvaises herbes annuelles sont en diminution, car il n’y a plus de travail du sol. « Mais il y a en revanche plus de vivaces. Un désherbage raté une année se répercutera fortement l’année suivante, surtout en semis direct ». Du maïs grain, puis du soja sont implantés sur ces billons et un couvert vient combler l’espace inter-rang. Le Québécois pense aller encore plus loin dans ses recherches, car il consacre 10 % de sa sole à des essais, comme sur une meilleure répartition des graines de maïs pour une bonne gestion de la lumière. 

Adeptes du topping
Le système pâturant du Gaec Bio Yvel utilise aussi la technique du topping qui consiste à faucher la pâture avant l’introduction des vaches. « Elles mangent tout, il n’y a plus de tri entre les graminées et les légumineuses. Il n’y a plus d’amertume dans l’herbe », témoigne Emilien Le Callonnec. Le topping garde propre les parcelles, les repousses sont plus franches. « Avec le passage d’un gyrobroyeur, les tiges sont éclatées et repartent moins bien. Ici, les repousses sont de meilleure qualité. » La ferme familiale utilise aussi le techno-pâturage, « pour débrayer facilement et rapidement les parcelles, avec gestion du pâturage en fil avant et fil arrière ».
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