Edito

Renouvellement

La moitié des 38 000 agriculteurs bretons en activité en 2018 partira à la retraite dans les 10 ans à venir. Il y a 20 ans, les présidents des CDJA scandaient « 1 installation pour 2 départs ». Pari non tenu. L’objectif d’une installation pour trois départs apparaît aujourd’hui plus raisonnable pour la profession. Soit tout de même 1 450 nouveaux actifs à séduire chaque année, dont la moitié de salariés.

Séduire. C’est bien le premier défi de ce grand chantier du renouvellement. Séduire, parce que l’on ne naît plus agriculteur ; on le devient. Il est en effet révolu le temps où le seul horizon professionnel d’un enfant d’agriculteur était de devenir lui-même agriculteur. La plus grande ouverture de la société rurale sur le monde a élargi le champ des opportunités professionnelles des jeunes.

Démographie, nouveaux projets personnels, changement de mode de vie : comme de nombreux autres secteurs économiques, l’agriculture est confrontée à une pénurie de talents. Avec d’autant plus d’acuité que la main-d’œuvre est souvent captée par des secteurs en capacité de mieux rémunérer les salariés. Renouer avec une meilleure rentabilité économique est sans conteste la clé d’or du renouvellement des générations en agriculture. De plus en plus d’agriculteurs en sont intimement persuadés. Pour y parvenir, ils prennent leur distance avec le marché des commodités, dont les prix sont trop dépendants du marché mondial. Ils optent pour la segmentation : bio, lait à l’herbe, porc sur paille, volaille plein air, etc. Une façon de ne plus vendre seulement des kilos de produits agricoles, mais d’y ajouter des services rémunérateurs en accord avec les attentes sociétales. Sur ce plan aussi l’agriculture se renouvelle.

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