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Aviculture : Prendre le train de l’alternatif

Alain et Annick Corbel ont converti la totalité de leurs 179 000 pondeuses en cage vers une production alternative. Un an plus tard, une partie des pondeuses sont élevées au sol et le reste en plein air.

Alain et Annick Corbel sont éleveurs de pondeuses sur la commune de Pleyber-Christ (29) depuis 1991. « En l’espace d’une année, nous avons décidé de basculer la totalité de notre effectif de 179 000 poules pondeuses en système cage vers des modes d’élevages alternatifs », témoigne Alain Corbel. L’éleveur avoue que ce passage de la cage à l’alternatif est un réel changement de métier. « Nous passons de 5 à 7 salariés pour l’atelier pondeuses. Le mode d’élevage en cage nous permettait de tout maîtriser. Aujourd’hui, nous devons réadapter notre technique aux comportements différents des pondeuses et tenir compte de l’environnement extérieur plus sensible. »

Des investissements raisonnés

89 000 pondeuses sont élevées au sol, par faute de surface suffisante autour des poulaillers pour créer un parcours. Un poulailler de 50 000 poules est passé en plein air grâce à un échange parcellaire permettant la création d’un parcours de 20 ha. Pour le passage de ces 139 000 pondeuses en alternatif les investissements ont été compressés pour atteindre 5 €/poule. « Les cages ont été ouvertes et modifiées pour devenir une volière. Nous avons réaménagé l’éclairage, installé des perchoirs et des aides à la monte. Des racleurs pour la fiente ont été disposés sous les volières et bien d’autres modifications ont été faites pour assurer la transformation aux normes de code 2 (poules au sol). »

Alain et Annick Corbel.
Alain et Annick Corbel.

Un poulailler neuf pour maintenir les effectifs

Afin de maintenir leur effectif de pondeuses, les éleveurs ont construit un poulailler de 39 500 poules plein air pour un investissement de 36 €/poule (hors foncier). Ayant eu deux poulaillers en fosse profonde par le passé et connu des problématiques de mouches, ils se sont vite orientés vers la volière. Il était important pour eux de pouvoir évacuer régulièrement les fientes du poulailler. Pour Philippe Le Page, responsable commercial avicole pour Sanders Bretagne, sur la période de ponte, l’écart est d’environ 15 œufs/poule au bénéfice de la volière comparé à des pondeuses sur caillebotis. « Nous avons construit un grand bâtiment agréable à vivre avec une volière Fienhage de deux étages. »

Les producteurs ont visité des élevages allemands équipés de cette volière avant d’arrêter leur choix. « Dans cette volière, les pondeuses ont accès à l’eau et à l’aliment à chaque étage. Les œufs pondus hors du nid roulent automatiquement vers la bande à œufs centrale qui est la même que celle des nids. Il n’y a donc pas de ramassage à effectuer. Les nids sont disposés en quinconce, on voit l’avant d’un nid puis l’arrière du suivant avec 35 cm d’espace entre chaque nid. Cette disposition permet de faciliter la circulation des poules », décrit Jean-Pierre Daniel, gérant de Semavi et installateur d’équipements avicoles.

Bien maîtriser l’ambiance
Bien maîtriser l’ambiance du bâtiment est primordial pour les éleveurs. Ils ont donc opté pour une ventilation dynamique par extraction haute avec un ajout de 4 turbines en pignon en prévision des coups de chaleur. « La ventilation par extraction haute avec des cheminées diminue l’effet vitesse d’air, c’est important lorsque les trappes de sortie vers l’extérieur et celles du jardin d’hiver sont ouvertes pour limiter au maximum les courants d’air et la poussière dans le bâtiment », indique Jean-Pierre Daniel. Alain Corbel ajoute : « La ventilation dynamique permet d’éviter les dérapages de consommation d’aliment dus aux variations de température en été et en hiver. C’est aussi un facteur limitant le risque de maladies. »
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