Politique et Syndicalisme

Les légumiers chez la sous-préfète

À Lannion, des représentants de l’UCPT, de la FDSEA et de JA 22 ont fait part de leur inquiétudes et attentes face à des marchés compliqués actuellement.

Lundi 22 octobre, une délégation de professionnels a rencontré Christine Royer, sous-préfète de Lannion, pour aborder le contexte difficile du secteur légumier. Les professionnels ont parlé de « derniers jours désastreux au niveau des principaux marchés ». Tanguy Rousseau, président de JA 22, illustrait : « En tomates, après un mois de septembre correct, les cours sont retombés autour de 40 ct / kg cette semaine en extra et à peine 30 en catégorie 1, aussi bien en grappe qu’en vrac, alors même que les volumes ont fortement baissé, autour de 250 t / jour actuellement. »

En chou-fleur, il y a des invendus chaque jour cette semaine (lire page 2 et 3 de ce journal). « Nous attendons un comportement commercial des enseignes de distribution beaucoup plus en faveur de l’intérêt des producteurs. Par des offres auprès du consommateur, il faut éviter le gaspillage des invendus », expliquait le producteur de Pleubian, Emmanuel Le Dantec pour l’UCPT.

Cours déprimés et concurrence déloyale

En artichaut, globalement les résultats en charnus sont moins mauvais dans le département que dans le Finistère. « Mais en violet par contre, le marché italien a été beaucoup moins demandeur cette année… Au 13 octobre, nous en sommes à 1,3 million de chiffre d’affaires contre 1,8 l’an dernier à la même date », tempérait Hervé Conan, responsable de la section légumes de la FDSEA. Et de poursuivre : « Les marchés sont très difficiles pour les producteurs. Malgré leur organisation, cela ne favorise pas automatiquement les comportements vertueux des enseignes de distribution. Elles privilégient leurs marges au détriment du consommateur et du producteur en induisant du gaspillage alimentaire. »

« Prix abusivement bas, indicateurs de référence des marchés et coûts de production… » Les professionnels ont sollicité la représentante de l’État pour remonter ce contexte aux services concernés afin que « la rédaction des ordonnances dans le cadre de la Loi EGA rééquilibre la situation pour une meilleure relation entre producteurs et distributeurs ». Ils ont aussi insisté sur les distorsions de concurrence subies face aux autres pays européens concernant le coût du travail (« 12.11 € / h pour un saisonnier en France, 8,84 € en Allemagne, 7,6 € en Italie, 7,9 € en Espagne »), la fiscalité et « l’interdiction par la loi de l’usage de substances actives de protection des plantes contre les maladies et les ravageurs autorisée ailleurs avec le risque de subir des impasses techniques. »

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