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Le parcours des volailles fait partie de l’exploitation

Un parcours bien pensé peu générer du revenu et de la performance pour les volailles. Les végétaux qui y sont consommés peuvent représenter jusqu’à 10 % de l’alimentation ingérée par jour.

« Il faut aménager le parcours de vos volailles comme si c’étaient des chambres d’hôtes », lance Philippe Guillet, conseiller en système agroforestier à la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire, lors de la journée technique régionale volaille bio organisée par la Chambre d’agriculture de Bretagne et IBB le 18 octobre à Loudéac (22). Le conseiller s’étonne encore d’entendre : « C’est de la place perdue, je vais en faire quoi ? » Il faut redonner du sens au mot parcours et expliquer que c’est un espace dédié à l’élevage des animaux.

Bien aménager dès la sortie des trappes

« Le constat est sans appel, nous avons de très grosses variations d’un élevage à l’autre en termes d’aménagement du parcours, chez certains il n’y a même pas d’herbe. Ces surfaces affectées au bâtiment d’élevage sont souvent peu entretenues et non valorisées. Les environnements immédiats du poulailler peuvent être un risque sanitaire comme de l’eau stagnante », décrit Philippe Guillet. Le conseiller a horreur d’entendre : « Cela ne sert à rien de planter car les volailles ne sortent pas. » Mais le problème est à prendre dans l’autre sens et il faut se demander : « Pourquoi les volailles ne sortent pas ? »

Pour inciter les animaux à sortir il faut : lutter contre le vent, ennemi de la volaille, créer des zones d’ombrage en occupant entre 30 et 50 % de la surface du parcours et mettre en place des plantations qui sont des repères permettant de générer des déplacements, ne pas dépasser 15 à 20 m entre deux zones arborées. « Il faut un aménagement efficace dès la sortie des trappes, les volailles ont besoin d’une protection au-dessus de leur tête car elles sentent que le danger vient des airs », explique Philippe Guillet. Un parcours planté apporte de vraies performances sur l’élevage. En poulet de chair la présence d’une haie brise-vent peut faire économiser entre 500 et 600 € de chauffage par an pour un poulailler de 400 m2.

10 % de l’aliment ingéré par jour

« Les végétaux consommés par les volailles sur le parcours représentent jusqu’à 10 % de l’alimentation ingérée par jour. Des réflexions se posent sur l’apport en protéines pour les animaux sous forme de vers, insectes. Cela génère des baisses d’indice de consommation de l’ordre de – 0,05 point. En volaille de chair, nous constatons des augmentations de poids vif de l’ordre de 60 g à 85 jours pour les poulets ayant accès à un parcours », analyse Agathe Chevereau, conseillère avicole à la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire. Le parcours peut aussi être un outil de production valorisable en bois de chauffage, bois d’œuvre, création de piquets de clôtures, fruits divers…

Se faire conseiller pour son projet

« Chaque aménagement doit être réfléchi et l’idéal est de réunir l’éleveur, le conseiller avicole et le conseiller en système agroforestier pour bien définir le projet. » Un parcours est composé de 4 zones : la sortie des trappes, la zone latérale, la centrale et la zone de fond de parcours. « La sortie de trappes est très exploitée, c’est un espace à protéger, à entretenir contre le vent, la boue et les températures extrêmes. Elle doit être une zone de transition et non de stagnation. La zone latérale doit être composée de haies périphériques pour casser le vent et intégrer le poulailler. La zone intermédiaire est centrale au parcours et se situe entre 15 et 30 m des trappes. Le fond de parcours est entre 30 et 70 m du poulailler, mais très peu de volailles s’aventurent au-delà de 70 m », conclut Philippe Guillet.

Des aides publiques ou privées existent
L’aménagement d’un parcours coûte entre 2 000 et 5 000 €. Il existe des aides pour financer son projet. « En Pays de la Loire, le Feader peut financer l’aménagement à hauteur de 80 %. En Bretagne, il faut solliciter Breizh Bocage. » Des fonds privés investissent aussi pour aider les éleveurs de 0,85 € à 5 €/plant selon les stratégies. C’est le cas du fond Yves Rocher, du groupe Accor, du fond Yann Artus Bertrand ou encore de La Poste.
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