Edito

Prix

Un seul mot résume la revendication récurrente des agriculteurs : prix. La recette des années 70 qui consistait à améliorer le revenu en augmentant le volume de production ne fonctionne plus qu’à moitié. Dans ce contexte, chaque production cherche sa solution-miracle pour se garantir un prix rémunérateur. Quitte à revisiter des recettes qui fonctionnaient très bien par le passé.

La semaine dernière, au Space, la filière porcine s’est hissée en un seul homme pour défendre le cadran. L’équivalent d’une journée d’abattage de la production bretonne commercialisée au MPB serait de nature à modifier le rapport de force assurent les responsables agricoles. Mais sitôt l’annonce faite, les questions se bousculent : Qu’est-ce qui empêcherait les industriels de s’approvisionner à l’étranger ? Comment réagiraient des éleveurs qui, dans le cadre d’une bataille des prix, assisteraient impuissants au retard d’enlèvement de leurs charcutiers ? L’équité serait-elle retrouvée entre un éleveur qui livre des camions complets de charcutiers et négocie une surprime avec son abatteur et un plus petit producteur éloigné des abattoirs ? Etc. Autant de questions qui portent partiellement en elles les réponses.

Les producteurs de lait, eux, se désintéressent du cadran et sont davantage séduits par la contractualisation. L’Europe le leur permet, les EGA les encouragent. Reste cette interrogation formulée par un industriel lors du Space : «Dans un monde ouvert, peut-on imaginer un prix franco-français ? ». Les moyens comptent moins que les résultats semblent convaincus une frange de producteurs qui choisissent la voie de la segmentation pour engranger quelques plus-values. Les syndicats y voient là une entorse à la défense collective du prix unique pour tous.

Peut vous intéresser

Lire aussi...
Fermer
Bouton retour en haut de la page
Fermer