Le sursemis de prairie pour améliorer la flore et la productivité

prairie_sursemis_vredo_arras - Illustration Le sursemis de prairie pour améliorer la flore et la productivité

Le principe du sursemis est de semer dans la prairie des espèces prairiales productives, dont on a raisonné le choix, sans détruire la flore initiale. Il sera ensuite nécessaire de conduire la prairie de telle sorte que les espèces semées viennent dominer l’ancienne flore. La technique est séduisante car elle réduit le temps où la prairie est « hors production ».

Quand avoir recours au sursemis ?

Le sursemis sera envisagé lorsqu’il y a des contraintes naturelles de pentes, d’humidité, de fragilité des sols, ou encore du fait de réglementation locale. Toutefois, le choix de cette pratique se fera avant tout lorsque des plantes intéressantes sont déjà présentes mais en densité insuffisante.

Au printemps en mars-avril, le critère principal à prendre en compte sera la quantité de surface libre après l’hiver. En effet, si le sol est nu pour l’équivalent d’une assiette par m², alors le sursemis s’impose car les places vides seront occupées rapidement par des plantes peu intéressantes pour l’éleveur. Il sera efficace de passer une herse de façon énergique pour agrandir les trous et supprimer des petites graminées de faible importance pour la production.

La deuxième période de sursemis possible est mi-mai après une fauche. Derrière un ensilage la flore est moins dense au pied et c’est particulièrement favorable au sursemis. Après une récolte en foin, il peut y avoir un risque de levée de nombreuses graines de l’ancienne flore venant concurrencer le semis. La troisième période est le mois d’août. La terre est chaude, la flore en place est moins concurrentielle et un peu d’humidité suffit pour la germination pour le semis réalisé.

Le sursemis, une technique qui demande de la rigueur

Une graine semée dans une végétation en place va rencontrer de nombreux obstacles. Il conviendra donc de l’aider à surmonter ces épreuves. Les points essentiels pour réussir l’implantation sont, au moment du semis, la chaleur, l’humidité, le bon contact terre-graine et pour le développement de la jeune plantule l’accès à la lumière.

Pour réussir le sursemis, plusieurs recommandations 

Pour faire un sursemis, il faut intervenir sur une végétation très rase, voire surpâturée ou éventuellement broyée à très faible hauteur. Il est ensuite nécessaire d’ouvrir le sol car en surface d’une prairie, on trouve souvent une couche de matière organique inerte appelée mulch. La présence de ce feutrage rend les jeunes plantules plus sensibles à la sécheresse et à l’arrachage. Il faut donc utiliser des outils qui vont permettre d’ouvrir le mulch pour accéder à la terre. Cela peut être des outils à disques (souvent intégrés au semoir) ou à dents (éventuellement herse de prairie).

Quelle que soit la méthode, il faut s’assurer que la graine soit bien disposée à 1 cm de profondeur et pas plus. Une fois la graine semée, il faut bien rappuyer le sol par un passage de rouleau compartimenté (exemple : rouleau cambridge), ou bien encore par un piétinement par les animaux laissés 3 ou 4 jours après le sursemis.

Une fois le sursemis réalisé, il faut surveiller la levée et surtout la repousse de la flore en place qui, si les conditions sont favorables, risque d’étouffer les jeunes plantules. En cas de concurrence, il faut faire pâturer rapidement ou passer le broyeur pour permettre à la lumière de parvenir aux jeunes plantules.

Afin de ne pas favoriser l’ancienne flore, il convient de ne pas apporter d’azote 3 mois avant de faire le sursemis. Une fois que les jeunes plantules se développent, par contre, il faut amender pour les aider à se développer.

Il reste une dernière recommandation : dans la nature il existe une petite graminée nommée agrostide stolonifère qui diffuse dans le sol des substances allopathiques qui inhibent la germination des graines en général, ce qui entraine souvent des échecs à l’implantation. Dans le cas où cette graminée est très présente, il faut la réduire par un hersage dynamique en fin d’été puis attendre la fin de printemps suivant pour sursemer.

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Choisir des espèces rapides d’implantation 

Il s’agit du ray-grass anglais avec du trèfle blanc dans le cas du pâturage. Pour gagner en souplesse d’exploitation, on choisira de préférence des variétés tardives. S’il y a une pression de pâturage forte ou parfois une fauche, on pourra implanter une variété diploïde. En situation normale d’exploitation le ray-grass anglais tétraploïde aura sa place.

Le ray-grass hybride sera réservé pour un usage mixte fauche-pâture. Il existe également des variétés diploïdes et tétraploïdes. On réservera les variétés diploïdes dans les situations de fauche dominante ou exclusive et dans ce cas on pourra rajouter du trèfle violet.

Le sursemis est une bonne solution pour améliorer la qualité et la productivité de la prairie. A la sortie de l’hiver, cette technique est à entreprendre essentiellement pour combler les places vides. Dans les autres situations, on obtient aussi de bons résultats derrière un ensilage ou un foin.

Source : GNIS


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