Politique et Syndicalisme

“Tant que nous n’aurons pas un revenu décent, nous n’attirerons pas les jeunes”

A l’occasion des EGA, le bureau lait des Jeunes Agriculteurs du Finistère souhaite alerter sur la situation difficile des éleveurs laitiers et ses conséquences préoccupantes sur le renouvellement des générations dans la filière.

Le projet de loi issu des EGA (États Généraux de l’Alimentation) a été adopté en première lecture à l’Assemblée nationale la semaine passée. Mais « le travail démocratique qui a eu lieu à l’automne dernier, l’âme du projet initial, est en train de perdre sa priorité principale : permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur métier », estiment les responsables des Jeunes Agriculteurs du Finistère.

Lors les débats, « il a été déconcertant pour nous de voir comme il semblait parfois facile et rapide pour nos élus d’ajouter des contraintes à notre métier alors qu’il est si laborieux de trouver des compromis pour aller vers une revalorisation des prix. De nouvelles charges sont déjà annoncées et on nous promet une concurrence toujours plus déséquilibrée avec des produits importés ». Les JA avouent ne pas comprendre, dans « une ambiance de demande sociétale plus exigeante, comment le gouvernement peut cautionner les négociations d’accords commerciaux avec des pays qui ne partagent pas nos exigences sociales, environnementales et sanitaires ».

Renouveler les générations

Avec une population de producteurs vieillissante, une génération tout entière va bientôt partir en retraite. « Ce sont plus de 1 000 départs d’éleveurs laitiers qui sont à prévoir dans le département d’ici 5 ans, alors que seulement 40 à 50 jeunes s’installent par an en production laitière ». Les conséquences du non-renouvellement des générations « se feront sentir sur l’ensemble du territoire. Au 1er juin, l’AEF (Association pour l’emploi et la formation en agriculture) recensait 370 postes à pourvoir rien que dans le département. Tant que nous n’aurons pas un revenu décent, nous n’attirerons pas les jeunes ».

Avec ce nombre de départs en retraite à venir, le syndicat estime « qu’il y aura de très nombreuses opportunités pour les jeunes qui souhaitent s’installer. Nous nous dirigeons vers un agrandissement des structures, ce qui est une bonne chose dans certains cas lorsque cela permet à un agriculteur de partager les lourdes responsabilités, de se dégager du temps en employant un salarié pour avoir une vie de famille. Mais nous craignons, une course à l’agrandissement et la perte du modèle d’agriculture familiale si trop peu de jeunes s’installent ».

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