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Sale temps pour les semis de légumes

Les mauvaises conditions météorologiques perturbent fortement les semis de légumes à destination industrielle.

« Chaque retard pris, ce sont des programmes à réduire, avec des hectares annulés », résume Julien Prat, responsable légumes industrie chez Triskalia, au sujet de la campagne de semis 2018. Lors d’une année classique, en début avril, 40 % des petits pois sont habituellement en terre. Cette année, seulement 20 % de cette culture a été implantée.

Une humidité continue

Depuis la fin février, les journées arrosées se sont succédé. « Il n’y a pas eu de semaine complète de temps sec. Ce n’est pas tant le volume des précipitations qui a joué en défaveur des semis, mais plutôt l’humidité continue qui empêche les chantiers d’avancer ». La capacité des usines, calculée en tonnage par semaine, est alors en déphasage avec les potentiels de production. « Ces tonnages sont une donnée fixe. Quand les semis vont reprendre, il faudra revoir ce que l’usine est capable d’absorber ».

Dès lors, des secteurs géographiques sont passés en zone rouge, où les semis deviendront impossibles à réaliser. « Les producteurs connaissent leur situation et les parcelles abandonnées ne seront pas choisies au hasard. Dans une zone de production très précoce, on ne va pas essayer de reprendre les semis ».

À la recherche de 5 jours sans pluie

Le responsable rappelle que pour obtenir de bonnes conditions de semis, sur une parcelle non labourée, « il faut au moins deux jours sans pluie, puis attendre de nouveau un à deux jours après un léger travail du sol ». Ce rappel de l’itinéraire technique de mise en place de culture diffère bien sûr suivant les parcelles, leur exposition, et leur capacité à se ressuyer rapidement. La météo encore incertaine pour les prochains jours ne laisse pas entrevoir d’éclaircies.

Une situation identique dans les trois grands bassins de production
Pour Delphine Pierron, directrice du Cenaldi (association d’organisations des producteurs de légumes à destination industrielle), « les trois bassins de production que sont les Haut-de-France, la Bretagne et les Pays de la Loire, et la Nouvelle Aquitaine sont impactées. Les secteurs côtiers à terre sableuse du Nord ont réussi à semer, ce n’est pas le cas des zones plus dans les terres ». La France compte 65 000 ha de légumes industrie, ventilés de la manière suivante : 30 000 ha dans le Nord, 23 000 ha en Bretagne et Pays-de-Loire, et 12 000 ha en Nouvelle-Aquitaine.
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