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Pôle conversion Bio : un portail grand ouvert

Le Pôle conversion Bio s’est doté au printemps dernier d’un portail Internet. Produirebioenbretagne.fr s’adresse à tous les agriculteurs qui se posent des questions sur la bio ainsi qu’aux futurs installés avec un projet de conversion.

« On a pris un peu de temps », reconnaît Patrick Guillerme, président de la Fédération régionale des agriculteurs biologiques (Frab). Mais le résultat est à la hauteur des attentes. Le site Produirebioenbretagne.fr a vu le jour en mars dernier, soit près de 18 mois après la création du Pôle conversion bio en Bretagne. « En amont, nous avons réalisé un audit auprès de l’ensemble des acteurs de la filière afin de mieux cerner leur intérêt pour le Pôle et ce qu’ils en attendaient ». Et cette étude a fait ressortir la demande pour un outil capable de centraliser et de rendre accessibles toutes les informations relatives à la démarche de conversion à l’agriculture biologique.

Un cahier des charges que le portail Internet, piloté par la Frab et les Chambres d’agriculture de Bretagne, respecte à la lettre. Clair, didactique, Produirebioenbretagne.fr se veut avant tout un outil pratique. Le site détaille ainsi les aspects administratifs, recense les interlocuteurs, répertorie les manifestations et les formations, propose des témoignages… Preuve de son utilité, en quelques mois, il a su trouver son public. Une audience constituée à la fois d’agriculteurs conventionnels qui s’interrogent sur la bio et de candidats à l’installation ayant un projet de conversion.

Olivier Morvan, Marché de l’Agriculture, Crédit Mutuel de Bretagne
Olivier Morvan, Marché de l’Agriculture, Crédit Mutuel de Bretagne

Des installations et des conversions économiquement durables

Le Crédit Mutuel de Bretagne participe aux travaux du Pôle conversion bio. Nous avons d’ailleurs signé leur charte des partenaires à l’occasion du Space, l’an passé. Aujourd’hui, l’agriculture bio connaît une forte dynamique. Le Pôle permet de réunir autour de la table tous les acteurs de la filière, l’amont comme l’aval, et d’éviter ainsi des phénomènes de surchauffe du marché. En tant que financeur de l’agriculture, les rencontres proposées par le Pôle sont aussi pour nous l’occasion de collecter des informations utiles à nos chargés de clientèle, afin de faciliter des installations et des conversions en bio qui soient économiquement durables.

Olivier Morvan, Marché de l’Agriculture, Crédit Mutuel de Bretagne

Une dynamique renouvelée

Lancé dans le cadre du plan ambition bio régional, le Pôle conversion bio se réunit deux fois par an. Ouvertes à toutes les parties prenantes —Draf, Région, Safer, établissements bancaires, organismes de services, groupements de producteurs, centres de formation…—, ces rencontres permettent de « construire une vision partagée et d’appréhender la diversité de l’agriculture bio, ses spécificités et ses enjeux, souligne
Patrick Guillerme. Il y a parfois encore des acteurs qui voient la bio à travers le prisme de l’agriculture conventionnelle ». Et, parallèlement, certains agriculteurs bio se sont construits en opposition aux pratiques de leurs aînés. « Aujourd’hui, il nous faut envisager les choses différemment. Nous sommes dans une nouvelle phase. Nous discutons d’égal à égal. La bio fait partie intégrante du paysage agricole ».

Porté par le succès de la filière, le Pôle planche sur les perspectives d’évolution. « Cela bouge très vite, note Patrick Guillerme. Nous avons connu de grosses vagues de conversion en production laitière et en grandes cultures. Et désormais, dans les secteurs du porc et des légumes, se dessinent de nouveaux projets avec le concours de grands acteurs économiques ». La dynamique ne semble pas près de se tarir. D’autant que la Fédération nationale des agriculteurs biologiques a plaidé, lors de sa rencontre de juillet avec le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, en faveur d’un plan bio européen.

La force du collectif
Installé en Gaec avec ses frères Philippe et Dominique et son neveu Étienne, Patrick Guillerme produit du lait et de la viande bovine sur la commune morbihannaise de Theix-Noyalo. « Nous sommes en bio depuis 1994. Nous avons fait le choix de la filière longue car nous n’étions pas attirés par la transformation de la viande. Et puis cela nous a permis de dégager du temps pour nous investir par ailleurs. Dominique s’est engagé à Biolait, Philippe a longtemps présidé une association de formation, de comptabilité et de gestion. Et moi, je suis président de la Frab depuis trois ans. Sur le Gaec, nous vivons depuis 20 ans avec environ 100 000 litres de lait par associé. Avec l’arrivée d’Étienne, le fils de Dominique, en janvier dernier, l’objectif est désormais de passer à un total de 350 000 litres. Ici, nous sommes en région côtière, nous avons vite compris que l’intensification n’était pas la bonne voie pour nous. Avec une dizaine d’agriculteurs des environs, nous avons choisi de nous engager dans le processus inverse, en cherchant à obtenir une meilleure valeur ajoutée par litre de lait. Notre force a été d’être un collectif. Nous nous sommes auto-formés, nous avons appris de nos erreurs. Aujourd’hui, nous sommes quasiment tous en agriculture biologique ».
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