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Chercher l’économie à travers l’agronomie

Mardi 4 juillet, la santé et l’avenir de la filière laitière seront au cœur du débat à Rennes. Industriels, anthropologue, économistes, éleveurs décortiqueront les enjeux d’un secteur en difficulté.

Le Gis Élevages Demain (Inra, Idele, Chambres d’agriculture, Interprofession, Agrocampus) organise les Rencontres laitières du Grand Ouest. Benoît Rubin d’Idele fera le point sur les effets de 3 ans de crise sur le résultat des exploitations. Le bilan, lourd, ne surprendra personne mais introduira l’intervention de Sophie Tirard des Chambres d’agriculture de Bretagne. Elle parlera des leviers à actionner, « dès l’installation ou en vitesse de croisière », dans la conduite de l’atelier pour gagner en résilience. « Maîtrise du coût alimentaire, de renouvellement et des charges de structure, impact des investissements, intérêt de la délégation du travail… Les pistes à creuser sont multiples. Nous donnerons aussi des repères concrets à cibler en termes d’EBE. »

Une conjoncture meilleure pour déléguer

Surtout, des producteurs témoigneront. Comme Laurent Abily, du Gaec de Kergavarec, installé avec ses frères Jacques et Olivier, à Guipavas (29). Pour eux, la période est loin d’être favorable mais leur stratégie au long cours les expose peut-être moins à la crise. Le troupeau compte 140 vaches laitières depuis 2009. « L’arrêt des quotas ne nous a pas poussés à faire plus de volume. Nous ne voulions pas descendre en dessous de 25 ares de pâturage par vache. Cette base permet de descendre sur certaines périodes à 2 kg de MS de maïs ensilage dans la ration, voire certaines années de le fermer. En faveur d’une bonne maîtrise du coût alimentaire », explique l’éleveur. « Et puis, nous avons suffisamment de travail à trois. Au contraire, si la conjoncture était meilleure, nous aimerions déléguer davantage. »

Le niveau d’étable se situe autour de 7 000 L / VL/ an. « Malgré la taille du troupeau, nous essayons avant tout de produire du lait avec les fourrages. » Le trio cherche l’économie à travers l’agronomie. La rotation, notamment, est optimisée. Derrière un maïs, une avoine d’hiver est implantée puis pâturée au printemps. Puis un colza est semé et brouté deux fois l’été. Enfin, une prairie ray-grass – trèfle est mise en place dans une avoine de printemps… « Ainsi, il se passe deux ans entre deux ray-grass, mais une seule non pâturée », souligne Laurent Abily. Le méteil, glissé entre deux cultures de maïs, permet aussi d’augmenter « la productivité à l’hectare » en apportant 5 à 7 t de MS / ha d’ensilage. « Enfin, le semis direct depuis 2 ans a diminué la consommation de carburant. Avec 5 fois moins de gasoil, on implante les mêmes cultures », explique l’éleveur. « Se former pour s’y préparer nous a aussi offert de nouvelles perspectives malgré la crise. »

Attente sociétale et stratégie industrielle
La journée débutera sur le sujet des marchés. « Export, créneau des produits de grande consommation (PGC) en France ou en Europe ou recherche de segmentation bien identifiée… Des représentants d’entreprises laitières exposeront les différentes options dans un contexte dit porteur mais très volatil. Avant que Christophe Lafougère, spécialiste du secteur alimentaire, ne décrypte les mécanismes des marchés », explique Benoît Portier, de la Chambre d’agriculture de Bretagne. Puis Véronique Pardo, du Cniel, proposera une lecture anthropologique et technique des attentes sociétales vis-à-vis du lait et de l’élevage laitier. « Le comportement du consommateur ayant un véritable poids sur l’avenir de la filière ». Dans la continuité, Benoît Rouyer du Cniel parlera de démarches de démarcation : « Lait de foin en Autriche, lait sans OGM en Allemagne, lait de prairie aux Pays-Bas… »
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