Cultures

Le Coco n’a pas dit son dernier mot

Les responsables de la coopérative basée à Paimpol qualifient la dernière campagne « en demi-teinte », du fait de la météo douce de l’hiver et des épisodes pluvieux de juin. À cela, s’ajoutent des changements au niveau de la rémunération des ramasseurs de Coco.

La filière des productions de légumes de plein champ et sous abris tient le cap malgré de nombreux obstacles rencontrés sur son chemin. Pour exemple, les cultures de Coco de Paimpol, souvent injustement pointées du doigt sur l’embauche des saisonniers. « Il y a de la tension sur la main-d’œuvre, avec beaucoup de contrôles, et même de la pression de certains élus sur le logement. Je tiens à rappeler que nous n’avons pas à nous occuper de ce sujet, et j’invite les producteurs à ne pas embaucher si les postulants n’ont pas de logements », insiste Gilbert Brouder, président de l’UCPT.

De gauche à droite : Éric Salaun, président de Bro Dreger, Jean-Jacques Le Bris, président de la section bio, Anne-Marie L’Aminot, directrice de l’UCPT, Gilbert Brouder, président et Joseph Rousseau, président du Cerafel.
De gauche à droite : Éric Salaun, président de Bro Dreger, Jean-Jacques Le Bris, président de la section bio, Anne-Marie L’Aminot, directrice de l’UCPT, Gilbert Brouder, président et Joseph Rousseau, président du Cerafel.

La récolte du haricot demi-sec emblématique de la région costarmoricaine n’en finit pas de susciter des discussions entre professionnels, syndicats et élus, sur la question de la rémunération. « Les producteurs doivent rémunérer à hauteur d’un Smic, ce qui représente un volume de 120 kg en 7 heures de travail. Le plumage du Coco est historique et joue même un rôle social, avec une liberté dans les horaires. Ce n’est pas un métier, mais un complément de revenu qui risque de disparaître », estime le président.

En cause, la remise en question des règles de ramassage, en place depuis 24 ans. Et même si un compromis a été trouvé entre les différents acteurs locaux, avec un cahier au champ pour relever les temps de présence et les tonnages ramassés, les responsables craignent que « des producteurs arrêtent la culture et se tournent vers d’autres espèces, ce qui risque de déstabiliser le marché des autres légumes ». Sur 2 000 ramasseurs, 836 ont signé une pétition en faveur de l’ancien système de rémunération.

Hiver doux et pluies au menu

L’assemblée générale de la coopérative, qui se tient ce vendredi à Plougrescant (22), résume une campagne mi-figue mi-raisin sur les autres légumes vendus sous la marque Prince de Bretagne. « L’artichaut a connu des problèmes de qualité, avec une avancée de la végétation induie par un hiver doux en fin 2015, se traduisant par des capitules pointus au printemps suivant. Cette année, la qualité est remarquable, avec des surfaces en légère baisse ».

Pour la tomate, la pluviométrie de juin a contrarié la saison, qui s’est ensuite rattrapée. « Nous remarquons une baisse de la production des tomates aumônières au profit de la grappe et des saveurs d’antan ».
Les légumes bio, cultivés par 15 producteurs, ont toujours le vent en poupe. Le groupe va s’agrandir, avec « une quinzaine de maraîchers en cours de conversion ou en réflexion, ce qui pourrait doubler le nombre d’agriculteurs de la filière dans les années à venir », chiffre Jean-Jacques Le Bris, président de la section bio. Enfin, Anne-Marie L’Aminot, directrice, se réjouit de l’installation de 11 jeunes agriculteurs sur le territoire de la coopérative, et dont « certains sont allés travailler ailleurs, avant de revenir sur l’exploitation familiale ». De bon augure pour les années futures.

Hommage à Corinne Erhel
L’assemblée générale rendra hommage à Corinne Erhel, femme politique récemment disparue. « Elle aura fait aboutir de nombreux projets, comme la création d’un réseau de gaz sur le territoire de la Presqu’Île, un des plus gros chantiers au niveau national. Ce réseau va permettre le développement de la cogénération et se concrétise déjà par l’installation d’un jeune serriste. Cette production d’énergie subviendra ensuite à la demande d’électricité du secteur », rappelle Anne-Marie L’Aminot. Corinne Erhel a également été très présente sur les sujets de défense du Coco de Paimpol.
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