Découvertes

Osier se lancer dans la vannerie

L’artisan vannière utilise les techniques du passé pour fabriquer des paniers et toutes sortes de créations imaginées par ses clients et adaptées aux exigences de notre époque.

Dans l’atelier de Gweltazenn Lesacher situé à proximité du Mont-Saint-Michel, il flotte une bonne odeur de bois. La vannière est assise dans un coin de la pièce à proximité d’un bac à eau dans lequel les brins d’osier trempent pour être humidifiés. Des claquements résonnent, c’est le bruit des branches d’osier qui s’entrechoquent entre les mains expertes de Gweltazenn qui les tressent pour donner naissance à un panier.

Formée dans une école d’osiériculture

« La vannerie n’est pas une activité morte qui n’a sa place que dans les écomusées. Pratiquée par des professionnels, elle retrouvera demain sa place dans notre quotidien. La vannerie moderne doit puiser dans le passé les techniques et savoir faire pour les appliquer aux exigences de notre époque », lance la vannière. Avant de s’installer comme artisan, Gweltazenn s’est formée pendant une année dans une école nationale d’osiériculture et de vannerie de Fayl Billot en Haute-Marne. « Afin de fabriquer des paniers dans la plus pure tradition française, j’utilise des techniques élaborées et transmises par les maîtres vanniers à leurs élèves depuis plus de 100 ans. » L’idée de départ était de planter une oseraie pour produire ce dont elle a besoin pour réaliser ses créations. Lors de sa formation la vannière a aussi appris les techniques agricoles spécifiques à l’osier : plantation, matériel nécessaire, surface agricole à cultiver, maladies et insectes spécifiques à la production. « Au démarrage de mon activité, en 2008, j’ai planté une oseraie chez mon oncle agriculteur. Mais c’est une culture qui nécessite 2 à 3 mois de travail par an pour obtenir de beaux brins. Autant de temps passé sur la partie production de matière première et plus à fabriquer des paniers. J’ai donc décidé d’arrêter la culture. »

Le tri de l’osier est important pour sélectionner les longueurs de brins adaptés à la création de chaque panier.
Le tri de l’osier est important pour sélectionner les longueurs de brins adaptés à la création de chaque panier.

Une palette de couleurs allant du vert au rouge

En France, il n’y a que deux entreprises dont l’activité principale est la production d’osier. Les autres producteurs sont aussi vanniers. Au total, ce sont environ 200 ha d’oseraies qui sont implantées sur le pays. « Nous sommes autour de 150 vanniers/osiériculteurs dans l’Hexagone. L’école de vannerie m’a permis de développer mon réseau pour pouvoir acheter de l’osier local et de qualité. Il faut en moyenne à un vannier l’équivalent de 12,5 ares d’osier pour une année de travail. » L’osier se présente naturellement sous différentes couleurs allant des déclinaisons de vert au noir en passant par le marron ou le rouge. Ces couleurs varient en fonction des variétés mais aussi selon la région ou la nature du sol. L’osier est récolté en hiver puis il passe un an à sécher dans un grenier à l’abri de la lumière. « Pendant ce temps de séchage il va perdre sa sève et diminuer en diamètre. C’est ce qui va le rendre plus résistant. »

La vannière pique les montants sur le fond du panier. Ils serviront pour le tressage du corps du panier.
La vannière pique les montants sur le fond du panier. Ils serviront pour le tressage du corps du panier.

Peu d’investissements pour se lancer

L’avantage du métier de vannier est qu’une fois l’osier acheté, peu d’investissements sont nécessaires pour démarrer son activité. « Il faut une serpette, un sécateur, un poinçon, une batte et bien sûr un camion pour pouvoir faire les marchés », explique Gweltazenn Lesacher. Avant d’être travaillé, l’osier doit passer un certain temps dans un bain de trempage. L’osier brut (avec son écorce) passe entre 5 et 15 jours à tremper, le blanc (sans écorce) passe un peu plus de 2 heures en trempage. De ce fait seul l’osier brut peut être travaillé en extérieur sur les marchés car il ne sèche pas trop vite. L’osier blanc est travaillé uniquement à l’atelier. « J’utilise principalement les techniques de vannerie piquée et de vannerie ourdie mais il en existe beaucoup d’autres. »

Avec ces techniques Gweltazenn peut fabriquer 2 à 3 paniers par jour. Ils sont de toute sorte : paniers à légumes, à fraises, pour la pêche, à bois, corbeille à pain, fauteuils en osier, objets de décoration… « Je travaille aussi sur commande pour réaliser les souhaits des clients. J’ai fabriqué par exemple une roue de charrette et un panier de basket pour un designer. Ces objets sont exposés dans des galeries d’art. » Grâce à l’ouverture de son atelier-boutique elle décroche de nouveaux marchés chez des commerçants qui commandent des présentoirs pour les boulangeries, magasins de fruits et légumes… Aujourd’hui la vannière est épanouie dans son métier, elle oscille entre le calme de l’atelier lorsqu’elle fabrique ses paniers et l’agitation des marchés d’été où les touristes prennent plaisir à la voir tresser l’osier et acheter ses créations.

Des stages d’initiation

Les personnes souhaitant découvrir la vannerie et l’art du tressage de l’osier peuvent assister à un stage de 2 jours chez Gweltazenn Lesacher. Après avoir découvert rapidement l’histoire de la vannerie et son évolution de la préhistoire à nos jours, passage à la partie théorique : matière première, outillage… « Les stagiaires passent ensuite à la pratique, avec pour commencer le tri de l’osier. Puis nous fabriquons 2 fonds pour y piquer les montants. Nous montons alors la clôture et enfin nous fermons le travail par la bordure et un pied », décrit la vannière. En 2 jours, les stagiaires acquièrent les bases et repartent avec leur panier fabriqué de leurs mains.

Contact : Embruns d’Osier – 24 La Rue 35610 Roz-sur-Couesnon
embrunsdosier@gmail.com – 06 31 97 81 82 – www.embrunsdosier.fr

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