Economie, marchés et gestionFinistère

A-t-on encore besoin d’agriculteurs ?

La question peut surprendre, voire agacer. Face à une société qui aime ses agriculteurs, les consommateurs font toujours la pluie et le beau temps avec des changements de comportement lors du passage à l’achat.

Ronan Le Bourhis, co-président du comité de développement des agriculteurs de l’Aven-Laïta (29) a soulevé la question : « Quelle place tiendra l’agriculture dans l’avenir ? » pour introduire le débat lors de l’assemblée générale du comité.

Génération frigo

Une des pistes de réflexion pour répondre à cette interrogation passe par la veille, notamment lors de salons comme le Sial (Salon de l’alimentation), qui s’est tenu en octobre dernier. « Nous avons pu y voir des choses nouvelles : insectes, chips de kale, dont la Bretagne est productrice… Mais le Sial est un salon : ce n’est pas parce qu’il est présenté que le produit sera dans nos assiettes demain », explique Nicolas Debéthune, chargé de mission économie à la Chambre d’agriculture de Bretagne.

Le Credoc (centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), a montré « qu’une personne arrivant à l’âge d’être autonome dans ses achats de consommation est influencée par les événements du moment. Ainsi, les personnes ayant eu 20 ans en 1932 ont été marquées par le krack boursier. La génération qui a eu 20 ans au début des années 50 a vu l’apparition des réfrigérateurs, ce qui a révolutionné la cuisine avec cet outil de conservation. Plus récemment, la génération XYZ bouge beaucoup, se pose des questions »…

Jean-François Sarreau, agriculteur à Landeleau, rappelle « que les consommateurs veulent tout, tout de suite. Or, sur nos territoires, nous sommes plus longs à réagir. Il est aussi de notre devoir d’expliquer au consommateur qu’il a des exigences, tout n’est pas possible ». Cette exigence, Jean-Claude Spegagne, restaurateur à Roudoualec (56), la mesure à la table de son établissement. « Les touristes de passage dans la région préfèrent manger des produits locaux, qui ont des histoires à raconter. »

La vocation de production de denrées alimentaires a donc encore de l’avenir devant elle, et André Sergent, président de la Chambre d’agriculture du Finistère de conclure : « Toutes les productions sont à la merci d’une demande changeante à l’image de ce que vivent les producteurs d’œufs. Je reste toutefois serein dans notre modèle de ferme familiale, et les outils comme les EPCI (établissement public de coopération intercommunale) pour aller au contact du consommateur ».

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