La terre, un bien commun à préserver

Cette année, les Bretons – Philippe Touzard, président de la Safer Bretagne, et Thierry Couteller, directeur, en compagnie de l’animateur – accueillaient le congrès de la FNSafer à Brest. - Illustration La terre, un bien commun à préserver
Cette année, les Bretons – Philippe Touzard, président de la Safer Bretagne, et Thierry Couteller, directeur, en compagnie de l’animateur – accueillaient le congrès de la FNSafer à Brest.
La terre agricole n’est pas un bien de consommation comme les autres. Sa disponibilité engage la souveraineté alimentaire d’un pays. En Bretagne, elle est le soubassement d’un gros pan de l’économie.

Le 54e Congrès de la FNSafer s’est tenu à Brest la semaine dernière. L’occasion pour les régionaux de l’étape d’insister sur l’importance de la gestion du foncier agricole breton pour l’économie régionale très dépendante de son agriculture. Philippe Touzard, président de la Safer Bretagne, n’a pas manqué de rappeler aux congressistes venus de toute la France que les opérations qui sont conduites aujourd’hui auront des répercussions sur l’agriculture de demain. Et de citer le chiffre de « 50 % des exploitants bretons qui partiront en retraite dans les dix prochaines années ».

Deux moteurs du prix des terres

Dans cette perspective, installer des jeunes et conforter les exploitations existantes, pour assurer leur pérennité économique et leur transmissibilité à moyen terme, s’affichent comme des priorités pour la gestion du foncier.

Il n’en demeure pas moins que le président breton – rejoint par ses collègues des autres départements – se dit interpellé par « le coût (élevé) des reprises ». Coût influencé par la rareté relative du foncier dont le prix évolue selon deux critères principaux : l’excédent brut d’exploitation (EBE) et les taux d’intérêt. Aujourd’hui, crises expliquent, l’EBE n’est pas moteur pour les achats, mais les taux d’intérêt exceptionnellement bas incitent à l’acquisition et aux enchères. « Le prix des terres et prés libres a augmenté de 1,6 % en 2015 », confirme Muriel Gozal, directrice générale de la FNSafer, en citant le prix moyen de 6 010 €/ha (4 470 €/ha pour terres et prés loués).

Éviter la spéculation et servir l’intérêt général demeurent les axes prioritaires des Safer qui observent avec une certaine résignation « la marginalisation progressive du modèle familial ». Pour autant, par la voix de Philippe Touzard, la Safer Bretagne ne perd pas de vue « l’enjeu stratégique que représente le maintien de l’élevage sur le territoire breton pour maintenir 66 000 emplois liés à l’agriculture ». Ce maintien de l’élevage fait partie des priorités dans la redistribution des terres. Y compris sur les zones littorales où s’affiche une volonté de maintenir des activités primaires sur ces secteurs convoités par les nouvelles populations qui arrivent en Bretagne. Remplir ces objectifs va de pair avec la préservation foncière ; un chiffre est cité par le président breton : « Diminuer de 30 % la part des terres destinées à l’artificialisation ».

L’enjeu de la compétitivité de l’agriculture
Les Safer sont démunies face à la spéculation financière. Avec cette particularité que les agriculteurs sont contraints de décapitaliser pour résister aux crises. Il nous faut trouver des apporteurs de capitaux tout en faisant en sorte que l’agriculture retrouve de la compétitivité. L’enjeu est fort. C’est un enjeu de société. Le premier sentiment que j’ai face à l’énormité du travail effectué par notre structure, c’est de la fierté. Mais je constate aussi qu’il est plus facile d’aller consommer du foncier agricole que d’aller aménager des friches industrielles ou de construire la ville dans la ville. Emmanuel Hyest, Président FNSafer


Tags : ,
Fermer l'écran superposé de recherche

Rechercher un article