Céréales : le faux semis fait défaut

faux-semis-1 - Illustration Céréales : le faux semis fait défaut
Noël Danilo produit du lait et des céréales à Ploërmel (56). Il prépare ses semis de blé, prévus à partir du 20 octobre.

À la tête d’une exploitation laitière produisant 440 000 litres de lait sur une SAU de 65 ha, Noël Danilo est en pleine préparation de ses terres à céréales. « La moisson passée a clôturé une année atypique, avec des conditions excellentes pour le développement de la végétation, et un printemps sec limitant les maladies. En revanche, une période pluvieuse à la fin avril a pénalisé les premières protections fongicides », se souvient-il.

Une rotation classique mais efficace

Noël Danilo aime parler de son métier, il est membre de Passion Céréales. Noël Danilo aime parler de son métier, il est membre de Passion Céréales.

« La production de céréales est une remise en question permanente », conçoit l’éleveur, qui appréhende dans la globalité sa culture de 15 ha, en pensant aux rotations et en valorisant au mieux les effluents d’élevage.
Avec l’arrêt de production de légumes sur les terres de la ferme, Noël Danilo est revenu à des rotations plus classiques. « Les pâtures, composées d’un mélange de RGA et de légumineuses durent 5 ans. Je casse ces parcelles avant implantation du maïs. La céréale termine cette rotation à l’automne. Le blé valorise très bien les apports organiques réalisés sur maïs, à savoir le fumier produit par l’élevage, ainsi que du fumier de canards d’un élevage voisin qui cherchait des surfaces épandables. Le blé ne recevra donc qu’une part minérale de fertilisation, en 2 ou 3 passages suivant les préconisations de l’OAD* ».

Cette fourniture d’azote suffisante pour atteindre les objectifs de production de l’éleveur lui permet de se passer de régulateur de croissance, « en choisissant des variétés qui résistent bien à la verse ». Utilisant des blés dans un créneau demi-tardif à tardif, les cultures se plaisent dans « des terres à bonne profondeur, et ne subissent pas de coups de chaud ».
Les conditions sèches enregistrées ces dernières semaines bouleversent la stratégie de préparation du sol du producteur.

Un programme de désherbage à revoir

« J’ai pour habitude après maïs de faire un faux semis avec passage de déchaumeur à dents après récolte de l’ensilage, puis un second passage avant semis au combiné. Cette année, cela ne sera pas possible ». Le manque d’eau ne permet pas aux adventices présentes de lever avant d’être détruites par le passage de l’outil. Un seul déchaumage est donc au programme cette année avant le semis. Une situation qui demandera au producteur d’être plus vigilant au niveau désherbage de la culture. « Je désherbe fréquemment en un seul passage, à la mi-février, avec des spécialités à base de sulfonylurées, à 2/3 de la dose homologuée, ainsi qu’une application d’Allié Duo pour lutter contre les vivaces, au maximum à 20 grammes/ha ». Cette stratégie économe ne pourra peut-être pas être réitérée à la prochaine sortie de l’hiver.

La passion des céréales

Noël Danilo fait partie du collectif Passion Céréales, qui a pour but de promouvoir le métier des agriculteurs auprès du grand public. « Nous sommes 55 membres à ce jour, répartis sur toute la France. Nous intervenons dans les écoles primaires, en classe de CM2, ou encore au collège près des 5e. Les élèves méconnaissent bien souvent la filière céréale. Des échantillons de grains sont laissés sur place pour des travaux pratiques », explique le producteur. Des élèves qui pourront eux aussi semer des céréales, et les regarder pousser pendant l’année scolaire. « Ces initiatives donnent une vision positive de nos métiers ». L’éleveur morbihannais parle aussi des insectes pollinisateurs qu’il dénombre dans ses champs dans le cadre du réseau BiodiversID.

* OAD : Outil d’aide à la décision


Fermer l'écran superposé de recherche

Rechercher un article